Chanteur, compositeur et leader d'American Music Club, Mark Eitzel nous revient avec un album solo. Son deuxième en cinq ans. Sa première expérience individuelle remonte en fait déjà à 1991, lors de l'enregistrement d'"Everclear". Mais aujourd'hui, Mark laisse planer le bruit d'un split chez AMC. Pour concocter "Watt silver living", il n'a d'ailleurs reçu le concours d'aucun de ses acolytes. Même pas de son pote Vudi. Il s'est entouré de musiciens de studio. Qui se partagent piano, basse, orgue, mandoline, drums, trompette et steel. Peu ou pratiquement pas de véritable guitare. Ni électrique, ni acoustique. Pas de basse, mais une contrebasse. Ce qui donne un résultat tout à fait surprenant à cette œuvre intimiste, légèrement jazzyfiante, qui dans ses moments les plus climatiques nous rappelle Japan. Douze compositions empreintes de désespoir et de chagrin noyées dans les vapeurs d'alcool. Mark regarde à travers les verres vides les déboires de son existence amoureuse. De sa voix de crooner, légèrement écorchée il tente d'exorciser son funeste passé. Lyriquement, ses chansons ne sont d'ailleurs pas loin d'atteindre l'intensité d'un Raymond Carver, d'un Tennessee William ou d'un Charles Bukowski. Et d'une manière plus contemporaine, de Tom Waits. Remarquable!

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