Pieter ‘Big Pete’ VanderPluijm est néerlandais. Chanteur/harmoniciste, il milite aujourd’hui au sein du MOCT. Il s'est révélé, il y a quelques années, en animant le Tribute to Lester Butler Band, un groupe créé afin de faire revivre la musique du légendaire artiste californien, qui s’était surtout illustré au cours de sa carrière chez les Red Devils et Thirteen. C’est sans doute ce qui explique pourquoi Big Pete a été le premier artiste européen à être signé par le label blues de Los Angeles, Delta Groove. Et le boss Randy Chortkoff a mis toute la machine de guerre du label au service du souffleur batave. Car si à la base, il est soutenu par le guitariste Alex Schultz (NDR : ex-comparse de Lester Butler au sein de Thirteen), le bassiste Willie J. Campbell et le drummer Jimi Bott, de nombreux invités sont venus lui rendre visite, dans le studio de North Hollywood!
Pete ouvre ce "Choice cuts" par "Driftin" de Lester Butler. Ce n’est pas une surprise. La démarche nerveuse et saccadée de ce dernier est fort bien restituée. Le souffle est puissant, dominateur. Jim Bott imprime un tempo frénétique. Pete chante le "Can't you see what you're doin' to me" d'Albert King, un morceau qu’Alex Schultz souligne d’un trait de gratte très King. Le géant et génial Kim Wilson se réserve l’harmo sur la cover d’"Act like you love me" de Jimmy Rogers, une plage qui déménage. Le temps reste orageux pour le "Don't start crying now" de Slim Harpo, un brûlot au cours duquel Schultz se révèle explosif. L’ex-Hollywood Fats Band Al Blake est à l'harmonica et Rob Rio aux ivoires sur le "I got my eyes on you" d'Otis Smothers, un Chicago blues classique. "I was fooled" est une compo issue de la plume de Jody Williams. La version proposée est un des sommets de l’elpee. Rob Rio est hystérique au piano. Le Texan Shawn Pittman dispense ses interventions de gratte ravageuses et puissantes. Transcendé, Pete se met à nouveau dans la peau de Butler. Kid Ramos se défonce aux cordes sur le "Rockin" daddy" de Howlin' Wolf, un West coast jump de toute bonne facture. Johnny Dyer, ancien compagnon de Muddy Waters, vient alors ouvrir une parenthèse. Le vétéran noir chante le "Left me with a broken heart" de Jimmy Rogers. Autre grand gratteur issu de L.A., Rusty Zinn brille sur "Just a fool" un classique signé Little Walter. Pete a fait le plein d'oxygène pour rester dans le tempo! Excellence et diversité sont les deux maîtres mots de cet opus. John Marx est préposé à la ‘six cordes’ et Big Pete à l'harmo chromatique sur le "Chromatic crums" du regretté William Clarke, une version bourrée de swing. Pour la reprise du "I'm a business man" de Willie Dixon, on retrouve un des rares musiciens blancs à avoir sévi dans le backing band de Muddy Waters, Paul Oscher. Il se réserve le mélodica. La classe! Et Delta Groove annonce la parution un nouveau volume d’ici quelques mois !

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