Agé de 38 balais, Clayton Doley est un spécialiste de l'orgue Hammond B3. Originaire de Melbourne, il est capable de tirer le maximum de son instrument. Cet Australien séduit tout autant le public jazz que blues. Il est également compositeur, chanteur, producteur et directeur musical de séries TV. Il est devenu très populaire au Canada, où il s'est produit dans le cadre de différents festivals. Notamment à Montréal et Toronto. Il avait été invité par l'artiste local, Harry Manx. Il drive son propre trio, qu’il a baptisé The Clayton Doley Organ Experience, un backing group impliquant un batteur et un guitariste. Il assure, à l’aide des pédales de son orgue, les parties de basse. Il répond souvent présent, quand il s’agit de collaborer aux sessions d’enregistrement de ses pairs. Il a ainsi apporté sa contribution à Margie Evans, les Mighty Reapers, Jimmy Barnes, Eugene Hideaway Bridges, Harry Manx et j’en passe. Pour concocter son elpee, Doley a reçu le concours du guitariste Champagne James Robertson et du batteur Davide Di Renzo.
L'orgue Hammond, c'est un son différent, tout de suite identifiable. Doley ouvre l’elpee par son "Dealing with the devil", une compo qui évolue à la fois dans la tradition blues et jazz. Tout en délicatesse, son toucher à l'orgue nous transporte. Surtout lorsqu’il épouse la voix. Et pourtant, elle est plutôt terne. Sa version du "Seventh son", un classique du blues écrit par le fabuleux Willie Dixon, est excellente. L’envol sur l’orgue est superbe. Cette adaptation me fait penser à Georgie Fame, un artiste anglais particulièrement doué dans le style qui avait récolté un succès certain au cœur des sixties. Le titre maître est incontestablement le meilleur morceau du long playing. Introduite par de jolies phrases dessinées par les claviers, elle constitue une belle promotion pour cet instrument! Signé Eroll Garner, "Misty" est un instrumental très jazzyfiant. Manifestement une des sources d’inspiration de Mr Doley, Jimmy Smith et Jack McDuff ! Et les échanges opérés entre l'orgue et les cordes de Champagne évoluent à un excellent niveau. "Friday the 13th" est une autre composition d'envergure. Sans doute autobiographique, elle reflète les difficultés rencontrées par l’artiste au cours de sa jeunesse. Un blues illuminé une nouvelle fois par la prestation des deux solistes, Doley et Robertson. L’elpee épingle encore quelques petites perles instrumentales, dont "Crooked crawl", "Chester drawers", caractérisé par des sonorités plus rock et l'hommage à son maître, Jimmy Smith, à travers "Chicken shack", un morceau couplé avec "How blue can you get", un titre issu du répertoire de BB King. De bonne facture, ce disque s’achève par le délicat "Permanent holiday".

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