Cher confrères,
Je vous renvoie au cas du dénommé Vitor Hublot, atteint de symptômes graves de schizophrénie aiguë et dont les agissements au sein de la scène musicale belge (par ailleurs maintes fois rapprochée du mouvement surréaliste dès qu'il s'agit de se démarquer un tant soi peu des us et coutumes d'un rock guindé et policé) interpelleront à coup sûr votre intérêt.
Récidiviste notoire (pour rappel, il s'était déjà illustré en attaquant un gorille géant), il étend cette fois le champs de ses expériences et démontre ainsi le caractère incontrôlable de ses (v)agissements.
L'objet de son dernier méfait est une étude pour le moins extravagante de la libido dite ordinaire.
Certes, d'imminents spécialistes se sont penchés sur le comportement du patient ; mais il semble que le mal dont souffre Monsieur Hublot soit contagieux.
Dès lors, nous devons déplorer l’enrôlement dans ce projet un peu fou de praticiens dont le sérieux n'avait jamais été mis à mal (quoi que?)…
Ainsi, le dénommé Jacques Duvall et la dénommée Isabelle Wéry s'adonnent ici à des pratiques que je jugerais intolérables s'il n'en résultait un tel degré d'euphorie palpable au long de ce drôle de projet.
Mais de quoi s'agit-il?
Sous l'égide du docteur Guy Clerbois (manifestement de mèche), cet ensemble de fous furieux s'est mis en tête d'étudier de près les déclinaisons variables autour du thème précité et d'en tirer le suc, pour le régurgiter sous une forme totalement libertaire.
Pour y parvenir, quoi de mieux que de grandes et belles chansons visitant les mythes de l'Amour, du désir et autres pulsions avouables ou non?
S’appropriant pas moins de onze titres du répertoire d'autant d'artistes, allant de Boris Vian à Françoise Hardy, en passant notamment par Charles Trenet ou Didier Barbelivien, Vitor Hublot et ses complices dissèquent, piétinent, salopent tout sur leur passage.
Et cette impertinence fait mouche.
Comme du reste l'illustration de cet album le démontre de fort belle manière.
Si la potion ainsi fournie peut laisser un goût nauséeux à l'oreille à la première écoute, cette orgie gargantuesque d'idées loufoques a le mérite de dépoussiérer un contenu parfois abandonné dans le formol mou du musée des souvenirs.
Tantôt irritant (cette singulière schizophrénie qui transparaît au détour de quelques désaccords), souvent bandants, jamais sages, ces "Contes De la Libido Ordinaire" proposent une relecture peu conventionnelle de ces hits incontournables, dont nous épinglerons volontiers, tels de joyeux lépidoptéristes, "Amoureux Solitaires" ou encore "La Complainte Des Filles de Joie", qu'un certain Brassens aurait embrassé avec joie.
Au plaisir de vous retrouver nus et décomplexés lors de notre prochain séminaire!

Nederlands
Français 
