Holly est anglaise. Chanteuse, guitariste et compositrice, elle a milité au sein d’un garage band féminin, Thee Headcoatees ; mais cette spécialiste du rhythm & blues et du rockabilly a entamé dès 1995 une carrière en solitaire, une aventure ponctuée de pas moins de 13 albums. Depuis 2007, son nom est associé aux Brokeoffs. En réalité, il s’agit de son compagnon, Lawyer Dave qui forme un duo avec elle. Ensemble, ils vivent dans une ferme baptisée Camp Esco, quelque part en Georgie, au milieu des oies, canards, poules, chèvres, chiens et chevaux ; et ils y ont aménagé un studio dans lequel a été réalisée cette collection de douze chansons personnelles.
Et dès le départ, la musique rocke, même si la touche de Delta blues est profonde. Les voix se conjuguent à l'unisson. Elles nous entraînent dans ce "Goddan Holy roll", dynamisé par de fort bonnes guitares aux accents métalliques. Les harmonies vocales de Holly et Dave sont parfaites face à cette instrumentation qui fleure le climat poisseux du Sud, celui du Mississippi. Le bottleneck glisse au sein de ce décor d'une autre époque. Quoiqu’adoptant le même style, "Tank" accélère le rythme. Et ce sont les percussions presque tribales qui l’alimentent. Ballade roots country, "I forgot more" est une adaptation d’un hit des Davis Sisters, décroché en 1953. Nous sommes ici plus proches de Nashville. "One of the road" poursuit son parcours dans l’Americana. Banjo et slide alimentent cette valse allègre. Parfois le timbre de Holly devient nasillard et emprunte celui d’une fillette ; à l’instar de "Turn around", une autre plage particulièrement country au cours de laquelle Dave est passé à la pedal steel. "A whole lot more" est tiré d'un chant gospel de Wayne Raney. Il date de 1960. Vu le recours au dobro et au violon, cette version est encore plus proche des racines. "Hand in hand" opère un retour au blues. Les accents sont dramatiques. Les voix échangées par le couple sont superbes et bouleversantes. Cordes acoustiques et interventions de slide électrique aux sonorités primaires entretiennent un climat très singulier tout au long de "The future's here". Une forme d’euphorie envahit le "Hard to be humble" de Mac Davis, une valse colorée de blues primaire. "Goodnight" est un autre blues à la sauce Golightly. Sa voix nasillarde fait le ménage face aux grattes de plus en plus menaçantes. "This shit is gold" accomplit un dernier détour par le Delta. Une finale imprimée sur un tempo âpre, rappelant que dans le passé, Miss Holly a déjà apporté sa collaboration aux White Stripes et à Mudhoney.

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