Chanteur/compositeur/guitariste californien, Rick Holmstrom est âgé de 47 ans. Il a forgé son expérience en côtoyant quelques grands noms du blues. Notamment le regretté harmoniciste William Clarke, décédé en 1995, ainsi que le vétéran Johnny Dyer. Il a également milité chez les Mighty Flyers, le band d'un autre prestigieux souffleur de la West Coast, Rod Piazza. En 2012, il tourne comme guitariste au sein du backing band de Mavis Staples. Ce brillant instrumentiste avait publié son premier opus solo, en 1996. Intitulé "Look out!", ce disque était paru sur le défunt label né-orléanais Black Top! Entre 2000 et 2006, il va également graver trois autres long playings sur une autre écurie disparue, Tone Cool. En 2007, il passe chez MC, et y signe "Late in the night". Et pour être complet, il a encore sorti "Twist-O-Lettz", en 2010, sur Mocombo, mais sous la formule d’un trio, en compagnie de John ‘Juke’ Logan et Stephen Hodges.
Ce nouvel essai a été concocté au sein du Sound Factory de Hollywood, un disque pour lequel il a reçu le concours de ses fidèles amis, en l’occurrence le batteur Stephen Hodges et Jeff Turmes, préposé à la basse, la slide, au saxophone et aux chœurs.
"Need to dream" ouvre la plaque. Une piste percutante. Un rock classieux, franc et direct. La mise en forme est parfaite. Les trois instruments sont bien en place. Les voix de Rick et Jeff se conjuguent en harmonies beatlenesques sur le refrain. Un refrain contagieux qu’on se surprend à fredonner en leur compagnie. Ce ‘besoin de rêver’ est chargé de promesses. "Cruel sunrise" nous entraîne au cœur des bayous louisianais. Un rock intense aux accents bluesy, digne de la quintessence du mythique Creedence Clearwater Revival. Une excellente piste, au cours de laquelle le refrain est appuyé par le saxophone baryton de Turmes, alors que la guitare s’autorise un envol brillant. Tout en reverb’, le son des cordes est une des marques de fabrique du style Holmstrom. A l’instar de l’intro d’"Owe you everything", une plage au cours de laquelle il partage le chant avec Mavis Staples, une vocaliste que Rick a longtemps suivi sur la route. Et les interventions vocales sont à la fois riches et subtiles. "You drive 'em crazy" est une ballade douce, langoureuse, mais dépouillée. Les cordes sont aussi limpides que chez Neil Young. Pas de temps mort entre les morceaux. Ni de compo faible. Les musicos rivalisent de dextérité. L’esthétisme est omniprésent. La sortie de cordes concédée sur "It's time I lose" est bouleversante. "Creepin' in" lorgne de nouveau vers John Fogerty. "I'll hold you close" baigne dans un océan de mélancolie. La guitare est souveraine tout au long de "Lord please", un titre caractérisé par sa densité rythmique. La voix illumine "I'm not afraid", une chanson à l’atmosphère pop rock.
Cet opus est également sorti en "Deluxe edition", une édition limitée incluant un CD bonus, sur lequel figurent douze plages instrumentales. Le climat y est davantage jazzyfiant. Mais un jazz contemporain qui met en exergue le saxophone et la basse de Jeff Turnes, ainsi que les percus de Stephen. Le blues y est quand même bien présent. A l’instar de "I'm so lonesome I could cry"…

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