Roberto Piazza alias Little Bob est un Français d'origine italienne. Il est né et vit toujours au Havre. Agé aujourd’hui de 67 balais, il est une légende vivante au sein du rock hexagonal. Sa notoriété, il l’a construite lors de son aventure chez Little Bob Story ; un aventure qui avait commencé en 1974. Il a même récolté un beau succès en Angleterre, à une époque où le punk commençait à se propager au sein de l’Albion. Bob manifestait très souvent une attitude hystérique sur scène, lors de sets très énergiques. LBS a enregistré une bonne vingtaine d’albums. Le premier, paru en 1976, s’intitule "High time". Le dernier, publié en 2009, "Time to blast". Dans sa manière de chanter, Bob a toujours revendiqué l'héritage de Little Richard, Howlin' Wolf et surtout Eric Burdon.
En enregistrant sous le patronyme de Blues Bastards, il fallait donc bien s’attendre à découvrir la facette blues de l’artiste et de ses acolytes. Les sessions se sont déroulées dans le port du Havre. "Break down the walls" s’emballe à fond la caisse. Du rockin' blues explosif digne de Dr Feelgood. La voix rocailleuse du vieux Bob fait merveille face aux interventions agressives à l’harmo de Mickey Blow, tout au long de ce Mississippi blues très speedé. Piazza ralentit quelque peu le tempo pour revisiter le "Run you off the hill" d’Aynsley Dunbar Retaliation, un des groupes les plus sous-estimés du british blues boom issu des sixties. Chanteur historique de cette formation, Victor Brox séjourne souvent en France, de nos jours. Les Bastards reprennent "Evil is goin' on", un canon du blues écrit par Willie Dixon et popularisé par Howlin' Wolf, l'idole de Bob. Le souffle de Mickey Blow est intarissable. Bob peut tout se permettre. Il adapte à sa sauce le "Circumstances" de Don Van Vliet, alias Captain Beefheart. Sa version est speedée et déjantée. Un boogie offensif, propulsé par un souffleur insatiable. Bob reprend même le "I wanna be free" de Joe Tex. De quoi me flanquer un fameux coup de blues. Et un sentiment de nostalgie m’envahit quand je repense aux concerts de Spooky Tooth, lorsque la voix agonisante de Mike Harrisson transperçait littéralement mon âme. Trop! Les Bastards accordent une nouvelle vie au "Nobody but you" des Lafayettes. L’attaque est vigoureuse. Tous les acteurs se bousculent, y compris les invités, parmi lesquels figurent Gillet Mallet à la gratte rock et Nicolas Noël au piano. L’elpee recèle quelques ballades. "The rain song", tout d’abord. Une compo écrite par un jeune ami gallois, Don Ray. "Mean Game", un morceau issu de la plume de Bob, au cours duquel l’harmonica est à nouveau déchirant. Ou encore "The Brokenhearted boy", un fond de tiroir abandonné par Little Bob Story. Mickey Blow marque une dernière fois encore de son empreinte le "Who's been talking" d'Howlin' Wolf. Quand on pense que ce gars au regard fou a partagé la scène avec Johnny Thunders ! Cet album qui nous restitue les parfums d’une si glorieuse époque, s’achève par la cover du "Heartbreak hotel" de Presley. Du King, si vous préférez !

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