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Brillant guitariste caractérisé par son souci constant de l’esthétisme, Bob Brozman a vu le jour en 1952. A New York. Très à l’aise dans le blues, le folk ou le jazz, cet ethnomusicologue est passionné par la musique world. Depuis la sortie de "Blue Hula stomp" en 1982, il a publié un nombre impressionnant d'œuvres personnelles. Il est parvenu à adapter et surtout vivre les styles rencontrés aux quatre coins de la planète, auxquels il s’est frotté. Issus des USA bien sûr, mais également des Caraïbes, Hawaï, Afrique, Inde, Japon, et j’en passe… Il a réussi à intégrer, assimiler et maîtriser toutes ces techniques pourtant bien différentes et particulières. Bob chante et joue de tous les instruments à cordes. Tout d’abord, la guitare National Reso-Phonic, mais également le bouzouki, l'ukulélé et la liste est loin d’être exhaustive. Il est soutenu par Jim Norris à la batterie et Daniel Shane Thomas au triangle ainsi qu’à l'accordéon.

"Breathing the blues" ouvre l’elpee. Un blues né d’un savant dosage entre cordes diverses, ponctué de quelques prises de respirations. La musique est très riche. Au sein d’une même compo, on rencontre une multitude d’influences. A l’instar de "Cannibal stomp", un titre caractérisé par ses percus tribales et cette alternance entre cordes espagnoles, italiennes ou indiennes, apparemment hors contexte, mais que maîtrise parfaitement le virtuose. "American House Fire blues" émane du Mississippi profond. On en ressent un terrible frisson. La voix de Bob semble provenir de l'au-delà en faisant revenir ces fameux songsters et autres storytellers d'avant la grande guerre. La Réso-Phonic libère une sonorité métallique d’une grande beauté. A en pleurer ! Dès qu’il en a l’opportunité, Norris imprime le rythme. Notamment sur "Rhythm is the thing". Brozman se laisse entraîner par cet élan. Il chante en tentant de s'accrocher à cette folie de percussions et de cordes. "Blue Mars over Sorrento" est un instrumental bien nerveux. Sublimes, les cordes créatives de Bob émergent des percussions galopantes. Mr Brozman s’exprime dans un patois créole, vaguement inspiré de la langue de Molière, pour chanter "Banm Kalou Banm". Daniel Shane Thomas se réserve l'accordéon et assiste à une superbe envolée de la guitar National. Mr Bob pousse son ukulélé dans ses derniers retranchements pour attaquer "Ow! My uke's on fire". Magique ! Il nous replonge dans le climat oppressant du Delta sur "Memory blues". Son bottleneck caresse subtilement ses cordes, communiquant des cris de détresse. Bouleversant ! Une atmosphère au sein duquel baigne également "Lonesome blues", le titre final de l’opus. Mais aussi le sommet de l’œuvre. L’émotion est à son paroxysme. Le son est limpide. Empreint d’une grande sensibilité, la voix me rappelle la quintessence des chanteurs de blues originels. Skip James, par exemple, l’âme du Bentonia blues (NDR : Ah ce "Devil got my woman"). Un excellent album !

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Bob Brozman
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Ruf / V2
  • Date: 2012-10-11
  • Rating: 5
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