« Tempest » constitue déjà le 35ème album studio du Zim. Eponyme, son tout premier était paru en 1962, soit il y a exactement 50 ans ! Pour enregistrer cet opus, il a pu compter sur son plus fidèle collaborateur, en l’occurrence le bassiste Tony Garnier, du drummer G. Receli, du gratteur Stu Kimball et du multi-instrumentiste Donnie Herron (steel, banjo, violon, mandoline). Mais également du guitariste Charlie Sexton, de retour après une bonne décennie d’absence ainsi que de David Hidalgo (Los Lobos), notamment à l’accordéon.
« Tempest » est le plus long titre de cet elpee. 14 minutes au cours desquelles, Dylan développe sa vision personnelle du naufrage du Titanic. Une valse country, tourmentée par des interventions de violon, qui finit par lasser. Cette compo, « Pay in blood », sorte de r&b trempé dans la pop, et « Roll on John » qui rend hommage à Lennon, sont incontestablement les points faibles de l’opus. Parce qu’il en recèle de très forts. Tout d’abord le morceau d’entrée « Duquesne Whistle ». Un western swing (dixieland ?) au cours duquel, sa voix ravagée ressuscite le fantôme de Louis Armstrong. Ensuite « Narrow way », un blues percutant découpé dans des riffs décapants, et imprimé sur un tempo hypnotique, irrésistible. Un autre blues ensuite, « Early roman kings ». Il y restitue carrément le célèbre riff du « Like a Rolling Stone » de Bo Diddley. Et le résultat est probant. Mais aussi l’éblouissant « Scarlet town ». Sans oublier l’envoûtant « Tin angel » (NDR : cette ligne de basse vibrante, mugissante), où il n’y manque que des bruitages insolites, pour s’imaginer au sein de l’univers de Tom Waits. Deux plages au cours desquelles il démontre qu’il est bien la référence ultime quand on parle de renaissance du mouvement folk/rock. Bien sûr, on n’oubliera pas ses lyrics. Poétiques, énigmatiques, féroces, ténébreux et peuplés de fantômes. A l’instar de « Soon after midnight », une chanson au cours de laquelle il traite de l’amour, de ses tourments et de la cruauté que ce sentiment peut engendrer.

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