Ce band nous vient de New Haven, dans le Connecticut, et enregistre sur le label Small Stone. Dans ces conditions, pas étonnant que son style soit marqué par le hard rock des 70’s. Deux chanteurs/guitaristes mènent la barque : Vechel Jaynes et Mike Pellegrino. Ils sont soutenus par le bassiste John Conine et le drummer Don Freeman. Lord Fowl avait publié un premier opus en 2009, "Endless dynamite".
L’elpee s’ouvre par le titre maître. Une compo dense et complexe. Une des guitares balise l’assise rythmique ; ce qui permet à l’autre de se libérer circonstanciellement. La voix de Mike campe un timbre plutôt classique du style hard rock. "Touch your groove" est une excellente compo caractérisée par une succession de riffs puissants. Les deux voix se conjuguent pour reprendre le refrain. La plage se termine par le retrait de la basse et de la batterie. L'intro de "Split" est complexe. Cependant, Lord Fowl embraie sur un rythme nerveux, très rock'n'roll. Cette intensité rythmique laisse pourtant beaucoup de liberté aux deux solistes, responsables de quelques soli dévastateurs. L’entrée en matière de "Mutate" est écrasante. Nous pénétrons au sein d’un univers ténébreux, balayé de sonorités lugubres et hantée par une voix lointaine, chargée de reverb ; un univers proche du Black Sabbath originel. On peut tomber facilement sous le charme de Lord Fowl, car son style ne tombe jamais dans la facilité. "Streets of evermore" évoque Deep Purple. A cause de la voix du chanteur. Pas de trace, cependant d’orgue en émulsion, si spécifique à feu Jon Lord. Néanmoins cette plage de hard rock vire presque au métal. Tramé sur un riff écrasant, "Dirty driving" se révèle moins intéressant. Des cordes acoustiques ouvrent "Woman king". Elles sont rapidement poursuivies par des interventions acides à la guitare. Les accents psychédéliques nous propulsent dans l’éther atmosphérique. Un superbe morceau ! C’est d’ailleurs dans ce domaine que Lord Fowl atteint le sommet de son art. Plus pop, "The queen is not impressed" est un single potentiel. Illuminé par de brefs échanges entre ‘six cordes’, il lorgne manifestement vers Thin Lizzy! Le développement de "Quicksand" s’opère sur un tempo blues rock, avant qu’il ne vire au boogie imprimé sur un rythme en béton. Et lorsque la guitare surgit, c’est pour tout balayer sur son passage. Un format que Queen n’aurait pas renié, à une certaine époque… "SOS" est un autre périple psyché propice à la transe ; une compo subtilement construite qui bénéfice d’un excellent travail de production. Et pourtant, les sonorités de gratte jaillissent de partout. Quoiqu’un rien plus hard, "Hollow horn" baigne au sein d’une même ambiance. La finale aligne une suite de tableaux atmosphériques, qui conduisent au territoire de Lord Fowl. Ne suscitant jamais l’ennui, cet opus est certainement un des meilleurs publiés chez Small Stone, à ce jour.

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