Dans l’univers de la musique progressive européenne, Focus est un groupe incontournable. Il était parvenu à créer un subtil cocktail de rock et classique. La naissance de ce combo batave remonte à 1969, il résulte de la rencontre entre deux musiciens exceptionnels, le claviériste/flûtiste Thijs Van Leer et le guitariste Jan Akkerman. Le duo était alors soutenu par une section rythmique. Au cours des premières années d’existence Focus rencontre un franc succès. Il aligne les albums "Focus plays Focus", "Focus 2", "Focus 3" et le live "At the Rainbow", sans oublier les singles "Hocus Pocus", "House of the King" et "Sylvia". La suite sera plus chaotique, à cause de ses multiples séparations et de reformations. Depuis le début de ce nouveau siècle, Van Leer, un des deux leaders historiques, a repris le collier. Mais s’il a remonté Focus, il faut avouer que son backing group est à géométrie variable.
Pour concocter ce "Focus X", Van Leer s’est chargé de l’orgue, de la flûte et du chant. Il est soutenu par son beau-fils Bobby Jacobs à la basse, Menno Gootjes aux guitares et Pierre Vander Linden à la batterie. Ce dernier militait au sein du line up originel.
"Father Bacchus" ouvre la plaque. On se croirait revenu en 1970. A cause de cette dualité entre les cordes et la flûte traversière. Instrumental lent, majestueux, "Focus 10" est digne des anciennes compos également baptisées "Focus". Bien qu’empreintes d’émotion et d’esthétisme, "Victoria" et "Amok in Kindergarten" adoptent un format un peu trop copier/coller, en se référant exclusivement au passé. La suite est beaucoup moins intéressante. "All hens on deck" s’appuie sur un riff de guitare un peu trop lourd. En outre, les parties vocales sont très ‘limite’. Il est vrai que le chant n’a jamais été le point fort du combo hollandais. Je lui préfère "Birds come fly over". La voix du Brésilien Ivan Lins passe plutôt bien la rampe. Elle me rappelle même Richard Sinclair (Caravan). Et les accents hispaniques se marient parfaitement à l’ensemble. A contrario, celle plus grave et gutturale de Van Leer sur "Hoeratio", est irritante. Heureusement, ce morceau baigne dans un climat krautrock (Amon Düül ?) ; et puis la sortie de cordes opérée par Gootjes est superbe. Enfin "Message magique" nous ramène une nouvelle fois quatre décennies en arrière. Nostalgie… A signaler quand même, la pochette. Elle est signée Roger Dean, artiste qui en a illustré de nombreuses pour Yes, Asia, Uriah Heep, et j’en passe…

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