Le terme ‘djent’ aurait été imaginé par Fredrik Thordendal, le guitariste de Meshuggah. Il décrit un sous-genre de metal progressif caractérisé par un accordage grave, des rythmes déconstruits et des structures de morceaux complexes. Depuis, le vocable a été galvaudé, et le nombre de groupes qui le pratiquent est beaucoup trop élevé pour que quiconque espère tirer son épingle du jeu en se targuant exclusivement de cette étiquette. The Contortionist a mis un grand coup de pied dans la fourmilière ‘djent’, en 2010, lors de la publication d’« Exoplanet », véritable petite merveille qui sortait des sentiers battus et se permettait d’user de mélodies bien pensées, de nappes de clavier originales et d’une esthétique irréprochable pour se distinguer de la masse. Pari réussi pour le groupe qui a depuis atteint un statut d’incontournable tant au sein de la communauté ‘djent’ que de la scène deathcore, voire progressive.
Restait au combo à confirmer l’essai, en gravant un deuxième album. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la barre est placée très haut, d’entrée de jeu. S’ouvrant sur un très mélodique « Holomvent » aux accents parfois jazzy, The Contortionist prouve dès les premières notes du disque qu’on tient là un groupe sur lequel il va falloir compter. Totalement libre de ses mouvements, il se débarrasse de ses étiquettes en affichant une aisance insolente qui force le respect. Assez proches dans leur démarche artistique de Between The Buried And Me, ils parviennent à être catchy, tout en proposant une musique complexe, aux influences multiples et parfois complètement opposées, originale et sans concession. Aux ‘polyrythmes’ effrénés se greffent des nappes de clavier limite 80’s, des ambiances SF (la voix robotisée de « Feedback Loop »), dans un melting pot apparemment un peu fourre-tout sur le papier, mais qui est en réalité d’une cohérence à toute épreuve.
Produit par Eyal Levi (Daath) et Jason Suecof (Trivium, Chimaira), « Intrinsic » bénéficie, en outre, d’une production propre et ultra précise, qui évite brillamment la froideur typique des productions digitalisées à l’extrême.

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