Doug Macleod est originaire de New York ; cependant, il a beaucoup bourlingué au cours de son existence. Il s’est cependant fixé à Los Angeles, depuis un bon bout de temps. A l'origine, il se contentait de chanter du country blues. C’est au contact de George ‘Harmonica’ Smith, un prestigieux harmoniciste qui a sévi au sein de la bande à Muddy Waters, mais aussi de Pee Wee Crayton et Lowell Fulson, qu’il a pris de la bouteille. Prolifique, cet auteur/compositeur compte plus de 300 chansons à son actif. Dans l’univers du blues, on le considère comme un narrateur. Son premier album, "No road back home", date de 1984. Depuis, il en a sorti une vingtaine d'autres.
Ce nouvel elpee recèle 14 compositions personnelles. Elles traitent de sa vie et de ses expériences. Il est soutenu par le drummer Jim Bott (NDR : un ancien membre des Mighty Flyers de Rod Piazza et des Fabulous Thunderbirds) et de son fidèle bassiste Dennis Croy.
Quelle excellente entrée en matière que ce "Rosa Lee" ! Doug fait vibrer les cordes de sa National ResoPhonic. Son attaque est rugueuse et nerveuse. La voix est naturellement puissante. Il shoute littéralement son amour pour la dame. "Black nights" est un blues lent chargé d'émotion. Il pense tellement à sa déception amoureuse, que même lorsque l'aube pointe à l'horizon, il est toujours plongé dans la nuit. Le dépouillement de cette plage authentique est surprenant, mais aussi réaliste. Son jeu en picking libère toute sa férocité sur "My inlaws are outlaws". Il parvient à faire souffrir les cordes de sa vieille Gibson C-100. "The entitled few" est un autre blues totalement dépouillé. Doug ne tolère que de timides et lugubres percussions. Il se met en colère, en voyant un automobiliste qui abuse d'une carte destinée aux handicapés pour garer sa voiture. Macleod est attachant tant il arrive à exprimer ses sensations, ses humeurs et ses sentiments. Il les traduit à travers le timbre de sa voix et la tonalité qu'il communique à ses cordes. A l’instar de "Run with the devil". Ou encore d’"I'll be walking on", une piste au cours de laquelle la puissance et la rage de son chant contrastent avec la délicatesse du toucher de cordes. Son approche du réalisme est toujours aussi étonnante sur "East Carolina woman", le récit d’une nouvelle désillusion amoureuse. Ou le dramatique "The night of the devil's road". Enfin, l'artiste crie une dernière fois sa douleur sur "Ghost". Et elle est intolérable !

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