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Concrete Light

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Projet secret des forces intersidérales sises dans les entrailles de Madrid, le vaisseau Lüger est parti depuis quelques mois déjà et file actuellement à des années-lumière de notre astre terrestre.

Possible même qu’aidé par un trou de verre, il soit déjà quelque part dans un futur lointain, à se taper une Jam avec des singes sur une planète qui ressemblerait vaguement à la nôtre.

« Concrete Light » sert donc de testament, jusqu’à un retour improbable.

Comme les couloirs du temps ont tendance à s’entrecroiser, s’emmêler et bifurquer en tous sens, et à déformer l’espace par la même occasion, il n’est pas étonnant que l’expression sonore de ces Espagnols remémorent le Kraut d’autres contrées et d’une certaine époque.

Mais les influences ne s’arrêtent pas aux seuls Can et Hawkwind, car les traces de Stoner qu’on retrouve collées à la paroi synthétique de la capsule de navigation indiqueront sûrement à nos descendants qui auront (ont ? eurent ?) l’honneur de les accueillir ; que toute cyclique que nous semble être la musique en nos jours, elle reste la somme du passé conjuguée au plus qu’imparfait, la perfection étant à jamais d’un ennui profond.

L’album s’ouvre sur un instrumental spatial. « Belldrummer Motherfucker » nous propulse d’ailleurs en apesanteur.

La suite gravite autour de « Draculs’s Chauffeur Wants More », sans doute le titre le plus efficace, le plus direct aussi.

« Shirokovsky Pallasite » se décline en deux volets dont les nappes hypnotiques déjouent les lois de cette pesanteur.

Enfin, « Zwischenspiel / Quidquid Latet Apparebit » achève le voyage dans ces confins de l’espace-temps, à l’aide d’un sitar au mantra obsédant qui nous emmène dans une spirale aspirante.

Bref, « Concrete Light » ne servira pas d’étendard pour les générations à venir ; celles qui auront à cœur de se trémousser sur le dancefloor en s’aspergeant de boissons énergisantes. Mais comme disait Einstein : ‘Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement’.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Lüger
  • Genre: Electro/Hip-Hop
  • Label Prod: Giradiscos (promo Five Roses)
  • Date: 2012-05-07
  • Rating: 4
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