Il y a trois ans, le label Africantape se signalait par la signature d’une véritable révélation : Ventura. Un groupe suisse responsable d’un premier album, considéré par votre serviteur, comme une véritable petite merveille. Son titre ? « We recruit ». Leur rock abrasif nous avait mis un bon coup dans la tronche. Pourtant, si ce trio jouit d’un certain crédit chez lui et en France, il n’est guère notoire en Belgique. Et c’est bien dommage !
En publiant « Ultima Necat », Ventura savait que la barre était déjà haut-placée. Son principal défi était donc de faire aussi bien que sur le précédent opus. Pas facile, il faut le reconnaître. Dès le premier morceau, on retrouve leur style si caractéristique. Soit du rock/grunge/noise (au choix) helvétique. Du lourd, quand même. Et la présence de Serge Morattel (Knut, Tantrum, …), responsable de la mise en forme, n’y est certainement pas étrangère. Le tempo est indolent. Les grattes constamment saturées. Mais l’aspect mélodique est préservé.
Les compos sont cependant attaquées de manière plus oblique. Un peu comme dans la prog. L’énergie ‘punk’ a été sacrifiée sur l’autel du concept ‘atmosphérique’, mais dans un contexte plus écrasant. La voix notamment est davantage mise en retrait.
Ce que Ventura a perdu en intensité, il l’a gagné en puissance. Et cette évolution n’est pas faite pour me déplaire. La qualité est toujours bien présente, et c’est le principal. Non seulement Ventura confirme qu’il est bien un des fers de lance du label Africantape, mais également un représentant incontournable sur la scène rock helvétique.

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