Andy Poxon est un très jeune chanteur/guitariste. Il n’a que 18 ans et a fondé son AP Band en 2009. Ce qui ne l’a pas empêché de se forger une solide réputation dans l'est des Etats-Unis. Soit dans le Maryland, le Delaware, en Virginie et autour de Washington DC. Sur scène, Andy est épaulé par Russ Wasson à la basse et de Mike O'Donnell à la batterie.
Il a publié un premier elpee en 2010, "Red roots", un disque qui n’est pas passé inaperçu. En juin 2012, il a signé chez Eller Soul. Il a pu ainsi enregistrer son nouvel opus sous la houlette d’un seigneur de blues, Mr Duke Robillard (NDR : ce dernier a également rédigé les commentaires du booklet). Andy a une tête de poupon. Sa chevelure est abondante. Crépue. D’un roux vif. Lors des sessions d’enregistrement, il n’a pas reçu le concours de ses partenaires habituels, mais de musicos expérimentés, en l’occurrence, le Duke Robillard au grand complet et la section de cuivres de Roomful of Blues. Excusez du peu ! Poxon est également compositeur. Ce qui explique pourquoi il est respecté par ses pairs. Il signe d’ailleurs l'intégralité de ce "Tomorrow'.
"Too bad" ouvre les hostilités. De bonne facture, ce blues rocke. La voix est loin d’être juvénile. Il est soutenu par les ivoires de Bruce Bears et la section de cuivres. La six cordes est très active et déménage constamment. Tout est cependant parfaitement en place. Rien n’est précipité. Il aborde "You lied" en toute décontraction. La sortie de cordes est largement inspirée par le Duke. Il est vrai que de ce dernier a apporté sa gratte, et on ne sait pas toujours qui se réserve les cordes. Concis et direct, "College boy" est sculpté dans du pur rock'n'roll. Alimenté par des chœurs féminins et parcouru par le sax de Mark Earley, "Why" est une ballade R&B. Tout au long de "Don't come home", Andy affiche une maturité étonnante. Une compo teintée de jazz et de swing. Les interventions de guitare sont parcimonieuses. Le titre maître est un blues fin de soirée. Une plage étonnante pour un musicien qui n’a pas encore l’âge adulte. D’autant que caressée par la trompette de Doug Woolverton, un disciple de Miles Davis, elle est propice à l'étreinte des couples sur la piste de danse. Andy chante d'une voix nonchalante "All by myself". Les cordes sont en permanence sur le qui-vive tout au long de ce swing nerveux. Plus classique, "You don't love me" est un blues abordé à la mode néo-orléanaise. A cause de ces rythmes syncopés, versatiles. Et des interventions de piano caractéristiques. La guitare se révèle néanmoins percutante. Blues cool, "Please come home" est hanté par Ray Charles. Les ivoires de Bears talonnent les vocaux. Andy démontre à nouveau toute son expérience sur "Fooling blues". Et pour cause, il s’autorise une sortie très rock'n'roll que n'aurait pas renié Alvin Lee sur ce boogie blues balisé par une solide section rythmique et dynamisé par un piano débridé. Longue ballade blues rock, "Carol Anne" réverbère des accents contemporains. Le son de la guitare est superbe. Une surprise, la présence de Frankie Biandino à la steel guitar pour la ballade country "One more time". Et en finale on assiste à un duo entre Poxon et Robillard. Un échange de cordes qui sublime littéralement "Jammin' at Lakewest". Manifestement, Andy est un grand espoir dans l’univers du blues…

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