Jeune et charmante, Gina est originaire de la banlieue de Philadelphie. Elle est à peine âgée de 28 ans. Cette fille d'immigré italien a décroché sa licence de journalisme à l'université de Temple. A l’âge de 12 ans, elle écrit déjà ses propres chansons. Elle publie son premier opus, "Allow me to confess", en 2007. Et embraie par "Hey Sugar", en 2008 et "Can't control myself", en 2011. Pour enregistrer cet elpee, elle avait reçu le concours du bassiste Steve Hornick, du drummer Erik Johnson, du claviériste Joel Bryant, de la percussionniste Mayra Casales et du guitariste Jef Lee Johnson. Ce dernier est depuis décédé. Et plus précisément, le 28 janvier dernier. Agé de 54 ans, il avait travaillé pour David Litterman, Mc Coy Tyner et Aretha Franklin.
"It was'nt real" est une excellente ouverture. Un blues cool, largement teinté de jazz, caractérisé par la voix sensuelle, voluptueuse de Gina. Une compo au cours de laquelle les interventions à l'orgue de Joel Bryant sont chaleureuses, alors que Jay Davidson se réserve un billet de sortie sur son saxophone ténor. Issue du répertoire d’Etta James, "Don't cry baby" est une compo qui évolue dans le même registre. Tout au long de ce blues cabaret, la voix veloutée de Gina trahit sa flamme pendant que le sax ténor, toujours en effervescence, fantasme devant le piano et la basse acoustique. La batterie d'Erik prélude un vocal syncopé sur "Please don't stop", une tranche de vie qui semble apporter de la joie à Miss Sicilia. Une voix qui devient carrément limpide sur "Wake up next to you", une ballade intimiste stimulée par un tempo exotique, au cours de laquelle les cordes de Jef Lee se réservent une sortie tout en délicatesse. "Walkin' along the avenue" est un petit joyau sculpté dans le swing. Une plage dont les brillantes interventions à l’harmo chromatique sont assurées par un invité de marque, Dennis Gruenling. Et au sein de cette atmosphère jazzyfiante tapissée par l’orgue Hammond, c’est la basse qui imprime le rythme. Blues remarquable, "City by the water" est dominé par la voix de Gina, une compo enfiévrée ponctuée par une nouvelle escapade valeureuse du saxophone. Superbe ! "Write a little song with you" baigne au sein d’un climat intimiste, une ballade country empreinte de délicatesse. Il ne manque qu'une pedal steel pour épouser le chant subtil de Gina, mais ce rôle est dévolu au dobro de Mike Brenner. Encore une autre ballade : "Don't wanna be no mother" ; et elle ne dénote pas dans l’ensemble. Plage royale, "Oh me, oh my" est soulignée par les interventions de Brenner à la lap steel. D’excellente facture, cet opus s’achève par "Walkin' shoes", une dernière ballade country, paradoxalement bien nerveuse. Les arrangements de voix sont judicieux. Et Johnson s’autorise une dernière sortie en picking. En enregistrant cet elpee, Gina Sicilia a frappé fort. Elle est parvenue à inscrire cette œuvre au carrefour du blues, du jazz et de la country, en préservant la qualité de son chant, mais surtout l’impact émotionnel, présent en permanence.

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