C’est en 2008, que ce combo canadien a été consacré véritable petite révélation indie. A cause de ses hits imparables « Little Garçon » et « This Sentence will Ruin/Save my Life ». Par la suite, la formation a quelque peu marqué le pas. Notamment en publiant, « Say It », un 3ème album bien pâle. C’était en 2010. Born Ruffians est de retour, et leur nouvel opus « Birthmarks » souffle le chaud et le froid. Car si les élucubrations de Luke Lalonde sont encore susceptibles d’accoucher de pépites pop irrésistibles (« Needle », « Ocean’s Deep »), sa voix nasillarde rappelant celle de Gordon Gano (Violent Femmes), le band se trompe d’histoire d’amour lorsqu’il lorgne vers le territoire de… Kayne West ou le laboure de relents hip hop autotunés (« So Slow »). Dommage, car dans l’ensemble ce « Birthmarks » s’avère beaucoup plus agréable à écouter que le précédent. Pas trop difficile quand même, parce qu’il était à la limite du soporifique.
L’entame du long playing est excellente. Malheureusement, l’intensité faiblit au fil du sillon. Si Phoenix et The Strokes se sont débrouillés pour ne pas tomber dans le mauvais goût, en concoctant des albums plutôt racoleurs (NDR : leurs derniers en date !), les musicos de Born Ruffians ne semblent pas en mesure de faire passer la pilule, sans l’avaler de travers. Le falsetto ridicule adopté sur « Never Age », la triste copie des Versaillais remise sur « Permanent Hesitation » ou de Vampire Weekend sur « With her Shadow » en sont de parfaites illustrations. En outre, ces pistes ne laissent rien augurer de bon pour le futur, surtout si le groupe devait continuer à emprunter cette voie. Mais leur cause est toutefois loin d’être perdue ; car leur sens mélodique est demeuré intact. Espérons simplement que les derniers instants de « Birthmarks » ne constituent pas les premiers signes d’une maladie incurable…

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