Entre le blues et le rock, voire le hard rock, la frontière est parfois ténue. Les styles se ressemblent, se rassemblent, et pour peu que les groupes qui le pratiquent fassent preuve de talent et d’imagination, le résultat peut s’avérer explosif ! King Howl Quartet appartient clairement à cette catégorie. Mais si le quartet est différent des autres, c’est parce qu’il est avant tout un blues band, très largement influencé par le rock, certes, mais le blues avant tout. De la construction des morceaux à la place réservée au chant en passant par les solos, tout nous ramène au blues, tel qu’on le pratique historiquement dans le delta du Mississipi. Par contre, l’énergie libérée, la puissance de la section rythmique, le chant et l’attitude des musicos sont fondamentalement rock. Un rock solide et très plaisant. L’ambiance qui règne tout au long de l’elpee est très live ; ce qui le rend plus digeste. Naturellement de bonne facture, c’est un vrai instant classic. Imaginez John Lee Hooker invitant AC/DC à taper le bœuf, et vous aurez une idée de l’expression sonore proposée par les Sardes. On pense aussi parfois à des formations plus contemporaines, comme les Rival Sons ou The Virginmarys, voire Clutch dans une certaine mesure, pour le groove irrésistible qui dynamise toutes les chansons de ce long playing particulièrement réussi. Et je ne pense pas me tromper en décelant, en guise de cerise sur le gâteau, un côté desert / rock / stoner de très bon aloi sur « My Lord ». La fusion des genres imaginée par le quartet est simplement brillante et savamment dosée tout en affichant une personnalité propre. Jalonnant l’opus de quelques reprises (« John The Revelator », « Trouble Soon Be Over »), le band entérine ses racines blues et démontre qu’il est capable de se réapproprier les standards avec une aisance qui force le respect.

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