C’est avec un scepticisme teinté d’ironie que je me suis lancé à l’écoute de « Reincarnated », le premier album de Snoop Dog sous le patronyme de Snoop Lion, c’est-à-dire réincarné dans la peau d’un Bob Marley de Long Beach. L’addiction aurait-elle eu raison du cerveau de l’ami Snoop ? Et que vaut réellement le 12ème elpee de l’autoproclamé nouveau dieu rastafari ? S’agit-il d’une surprenante réussite ou l’essai d’un artiste perdu dans sa propre mégalomanie, après avoir effectué un séjour en Jamaïque, au cours duquel il a prétendument étudié la culture locale, qui a manqué sa cible ?
Pour concocter cet elpee, le vétéran californien a bénéficié du concours de quelques invités prestigieux. Et notamment Drake, Chris Brown, Cori B (sa propre fille) et même Miley Cyrus, l’idole de Disney en compagnie duquel il nous refourgue l’ignoble « Ashtrays and Heartbreaks ». Des musiciens jamaïcains ont également participé à cette fumisterie (ah !ah !) dont Mavado et Popcaan (« Lighters Up »). Alignant une kyrielle de producteurs, dont Diplo, Dre Skulls et surtout Major Lazer, « Reincarnated » est de facture plutôt inégale. Entre l’horrible « Get Away », piqué aux Black Eyed Peas, et le très réussi « No Guns Allowed » (impliquant Drake et Cori B), qui emprunte même un sample à Beirut, on ne sait pas trop sur quel pied danser ! Désormais adepte de la non-violence et décidé à se couper de la culture gangsta, Snoop semble s’être quelque peu ramolli. Ce qui explique pourquoi notre intérêt pour sa musique a tout autant faibli, malgré quelques éclats au cours desquels il parvient à mêler adroitement reggae, dub et hip-hop ; et le plus souvent lorsque la mise en forme est assurée par Major Lazer (« La La La », « Here Comes the King »).

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