Agé de 37 ans, Lightnin' Guy Verlinde est probablement devenu le bluesman belge le plus populaire. Il partage son temps entre l'aventure solitaire en acoustique et ses occupations en groupe. Et son agenda en est le plus beau témoignage. Il se produira ainsi huit fois en compagnie des Mighty Gators et cinq fois en one man band, de la mi-juillet à la fin août! Et ajoutons qu'il n'a pas abandonné ses autres projets. Dont les hommages qu’il rend à Hound Dog Taylor, sous la formule trio et son ‘Blues in schools’, un programme d'éducation musicale, qu’il accomplit en duo ou trio. Son dernier opus remonte à février 2013. Concocté en solo, il s’intitule "Blood for Kali" et est paru chez Blue Sting. Et en 2012, il avait gravé "Lightnin' Guy plays Hound Dog Taylor Live" pour Dixiefrog. Afin d’enregistrer "Inhale my world", il a reçu le concours de ses Mighty Gators ainsi que de quelques invités, dont différents cuivres ; mais cet elpee nous entraîne surtout à la découverte de Guy, comme compositeur et roots singer.
Superbe titre, "Mr Maxwell street" est imprimé sur un rythme nonchalant. La voix est bien posée. La slide s’intègre parfaitement à l’ensemble et notamment aux cordes électriques de Little Chris Van Nauw (Howlin' Bill) et Tom Beardslee. Impressionnant ! Mélodieuse, soucieuse de l’esthétique, "Inhale my world" est une plage très roots qui bénéficie à nouveau de la collaboration de guitaristes ; en l’occurrence celles de Chris Van Nauw et Thomas Vanelslander (K's Choice, Gorki). Le climat de l’elpee est particulièrement serein. Plus folk, "Cages paradise" évolue paresseusement. L'orgue Hammond de Patrick Cuyvers occupe bien l'avant-plan. Le feeling des cordes est irrésistible. Et ce sont les interventions limpides et lumineuses des guitares, soulignant les vocaux éclairés, qui façonnent la beauté des compositions. "Start to dance" en est certainement une des plus belles illustrations. Le premier changement de tempo est réservé à "Powered by the blues", un blues particulièrement funkysant. Enrichie de cuivres, cette plage dansante est ponctuée par une sortie saisissante de la slide. Ballade R&B spécialement lente, "Here I am baby" est forgée dans le style Stax. Passionnée et intense, la voix affronte orgue et cuivres. Caractérisées par les sonorités élimées de la résonator, "Four hands" opère un retour dans l’americana. Superbe ! Et celles de "So much love inside" libèrent une énorme dose de sensibilité. Guy est rejoint par les voix de Patrick Cuyvers et Ibernice McBean tout au long de la très jolie chanson "Silent violence", une plage dont les lyrics sont empreints de gravité et de désespoir. Splendide ! "Breakin' out" autorise un duel entre la guitare weissenborn acoustique aux accords subtils de Guy et les cordes largement amplifiées de Thomas Vanelslander, au sein d’un univers étrange, tapissé de chœurs féroces et audacieux. Lightnin' Guy nous rappelle qu'il n'a pas oublié le blues et achève l'opus, armé de sa guitare résonator, sur un "St. Raphaël blues" empreint d’émotion.

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