A la l’instar du légendaire Bo Diddley, Omar Kent Dykes est né à McComb, dans le Mississippi. Agé de 67 ans, il s’est établi, depuis fort longtemps à Austin, au Texas, où il a réalisé l'essentiel de son parcours. Il y a d’ailleurs fondé son groupe, Omar & the Howlers, en 1973. Une période au cours de laquelle il a publié toute une série de superbes albums. L'an dernier, il a célébré ses 50 ans de carrière. Ses dernières réalisations se sont toutes avérées d’excellente facture. Tant "On the Jimmy Reed Highway", publié en 2007, pour lequel il était associé à un autre excellent gratteur issu d'Austin, Jimmy Vaughan, que "Big town playboy", en 2009. L’année 2012 sera même particulièrement prolifique. Il grave ainsi "I'm gone" et "Too much is not enough ainsi qu’un autre tribut à la mémoire de son ami disparu, l'harmoniciste Gary Primich, "Just a little more". Sans oublier son best of, "Essential collection".
Il est donc de retour. Et de nouveau pour rendre hommage à son idole de toujours, Howlin' Wolf. Il mesurait près de 2m et pesait 300 livres, environ 135kg! Décédé en 1976, il n'avait que 65 ans. 14 des 15 plages de ce "Runnin’ with the wolf", sont issues du répertoire de Big Foot (NDR : c’était un des sobriquets de Chester Burnett) ou de Willie Dixon, le plus grand compositeur du Chicago blues. Les versions originales étaient parues en 45tours, entre 1951 et 1965.
Omar s'échauffe sur le titre maître de l’opus. Il aligne des jeux de mots d’une voix féroce, empruntée au Vieux Loup. Le Texan Ted Roddy s’y réserve l'harmonica. L’adaptation de "Killin' floor" est primitive et explosive. Elle est attaquée sous la forme du trio. Soit en compagnie de Ronnie James et du vétéran d'Austin, Mike Buck (ex-Fabulous Thunderbirds, Leroi Brothers). L’exercice de style vocal est remarquable et le grattage de cordes corrosif. Les Rolling Stones ont décroché un numéro 1 dans les charts, grâce à leur adaptation de "Little Red Rooster". Un classique du blues lent qu’Omar vit intensément. Sa six cordes pousse même les cris du coq! Autre blues lent, le véritablement fumant "Tell me what I've done". Omar se concentre sur le chant pour "Howlin' for my baby". A l’origine, ce morceau avait été baptisé "The wolf is at your door" et il était sorti en 1952. La cover est imprimée sur un tempo familier à Wolf. Eve Monsees (Mme Mike Buck dans la vie) s’y révèle très compétente à la gratte. Dykes se révèle plus Wolf que nature sur l’inévitable "Spoonful", une piste au rythme soutenu. Plus confidentiel, "Ooh baby, hold me" est un morceau curieux. Les interventions de gratte sont trafiquées, et le saxophone n’est pas crédité. "Riding in the moonlight" est attaqué sous le format trio, comme un shuffle à la texane. Bruce Jones et Wes Starr (autrefois membres des Howlers) sont de la partie. Une excellente version, livrée à l’état brut. "Riding in the moonlight" est certainement une de mes compos favorites de Burnett. Le rythme est syncopé et exotique. Buck, Monsees, Nick Connolly à l'orgue, et deux saxophones dont celui de Kaz Kazanoff, participent aux débats. Un line up qu’on retrouve sur "Do the do". L’ex-Leroi Brothers Casper Rawls est venu donner un coup de guitare à la version passionnante du "Back door man". Et le tandem embraie sur le très rock'n'roll "Worried all the time", une piste au cours de laquelle, les acteurs prennent leur pied. "Smokestack lightning" est un blues caractérisé par un riff hypnotique, maintes fois repris par des blues bands issus des sixties. Derek O'Brien se réserve les cordes et Ted Roddy l'harmonica, sur cette reprise très réussie. Autre shuffle à la texane, "I'm leavin' you" casse littéralement a baraque. Enfin pour notre plus grand plaisir, Omar termine cet opus par "Wang Dang doodle", une compo imprimée sur le rythme du boogie. Excellent!

Nederlands
Français 
