Le Ruff Kutt Blues Band est davantage un projet qu’un groupe. Il s’agit surtout d’un collectif de musicos notoires qui rejoignent ponctuellement le remarquable guitariste de blues, Anson Funderburgh. Le Texan se charge également des arrangements et de la production. En 2011, il avait publié "Mill Block blues", un album aujourd'hui épuisé. Anson remet le couvert cette année, et partiellement, pour aider financièrement son ami Finis Tasby, qui traverse de solides ennuis de santé.
Le line up de base réunit donc le chanteur Finis Tasby, le guitariste Anson Funderburgh et le gratteur/chanteur Zac Harmon (NDR : il est issu de Jackson, dans le Mississippi). Sans oublier le bassiste James Goode. C’est également ce dernier qui se charge de la composition. Il a milité chez les Excels, un groupe de rockabilly.
Empreinte d’émotion, la guitare d'Anson ouvre l’elpee. La voix du vieux Finis est chargée de passion. Ron Jones se réserve le saxophone, sur "Deep elam blues", un blues lent tout bonnement remarquable. Anson est au top de sa forme. Il me rappelle le BB King des jeunes années ou le brillant Mike Bloomfield. "Blues in my blood" est un titre lourd de signification. Car c’est bien le blues qui coule dans les veines de Finis. Le feeling est à son paroxysme. Les cordes fument de toutes parts. Pas de changement de tempo pour "Don't it make you cry", même s’il s’agit d’un R&B tapissé par l'orgue Hammond au cours duquel le saxophone est bien mis en exergue, alors que Zac et Steven Richardson assurent les chœurs. Le rythme s'élève pour "Oh Woman! " ; et c'est au tour de Zac Harmon d'assurer le chant de son timbre naturellement soul. Finis est au micro pour "Down so low", un blues illuminé par les cordes de Funderburgh, ainsi que pour "Barefoot blues", une plage qui commence lentement avant d’accélérer le tempo, dès l’arrivée de John Street aux ivoires. Zac se réserve les vocaux sur les six pistes suivantes. Soit "Blues ain't a colour, un superbe blues imprimé sur un mid tempo, mais par la section rythmique constituée du bassiste Goode et du drummer Wes Starr (ex-Omar & the Howlers). Ce qui permet à Zac de décoller à la six cordes. "That's when the blues begins" ensuite. On nage alors dans la soul la plus pure. Même les voix émargent à ce courant. "That woman gives me fever" encore. Une piste funkysante. Starr en assure le diddley beat. "I'm over you woman" toujours. Un excellent Memphis blues, rehaussé par la présence d’un orgue et du saxophone, au cours duquel la gratte emprunte ses accents à Albert King. Et enfin "Touched by her flame", une ballade soul à la ligne mélodique soignée. Finis revient chanter "Let's dance". Sa voix est invariablement saturée d'émotion, alors qu’Anson excelle aux cordes. Et en finale de ce superbe long playing, Zac assure à nouveau les parties vocales pour "When a blues goes to heaven", une compo qui adopte le rythme cher au regretté Jimmy Reed. Et qui donc rencontre-t-on au paradis ? Et bien Robert Johnson, Jimmy Reed, Sam Myers, Freddie et Albert King et même, Albert Collins…

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