Il y a plusieurs années que les productions d'Ellen Allien me laissent de marbre. Il est toujours louable qu'un artiste électronique tente de s'ouvrir à d'autres univers mais ses deux derniers albums ne m'avaient guère convaincu. C'est avec cet à-priori que j'entamais l'écoute de l'unique plage de "LISm", son nouveau projet.
Composée à l'origine pour un spectacle de danse contemporaine avec l'aide de Thomas Muller, un des artistes les plus méconnus de son label Bpitch Control, cette longue ballade ambient est par la suite également passée par les mains expertes du laborantin Bruno Pronsato. En effet, le brillant Américain, à présent citoyen de Berlin, a été appelé à la rescousse pour prolonger et peaufiner certains passages de l'œuvre initiale.
Sans être renversant, le voyage de 45 minutes proposé sur LISm me réconcilie un peu avec la dj star. Ici, vous l'avez compris, point d'appel au dance-floor mais une sorte de long mix entre musique contemporaine, ambient, post-rock minimaliste, fragments de jazz et electronica. Pas l'ombre d'un beat avant la 27ème minute. La recherche d'atmosphères prédomine. Chaque son a son importance.
On placera donc "LISm" sur l'étagère à côté du "Krieg Und Frieden" la dernière production de son vieil ami Apparat, composée pour une pièce de théâtre. Pas des chefs-d’œuvre mais de louables et plutôt agréables tentatives de s'affranchir du train-train d'une carrière toute tracée. Après tout, ils pourraient se contenter de faire lever les bras de milliers de personnes conquises d'avance dans des festivals ô combien rémunérateurs...

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