Pour enregistrer « Chore of enchantment », Joey Burns et John Convertino font encore, officiellement, partie de Giant Sand, mais manifestement, leur esprit est de plus en plus focalisé sur leur projet Calexico. Ils n’y apportent, d’ailleurs, leur concours, à la basse et aux drums que sur une petite moitié de l’album. Une absence compensée par de nombreux invités. Parmi lesquels figurent Juliana Hatfield et Cat Power aux vocaux. Gelb coproduit l’opus. En compagnie de l’inévitable John Parrish, à Tucson, de Jim Dickinson, à Memphis, et de Kevin Salem à New York.
L’opus est dédié à la mémoire de Rainer Jaromir Ptacek, décédé en 1997, un joueur de slide que Gelb appréciait tout particulièrement. En fin de parcours, il lui réserve d’ailleurs un titre, « Shrine ». Hormis l’une ou l’autre plage plus punk et électrique (« 1972 », « Satellite »), le long playing privilégie les plages indolentes, profilées sur le vocal aride, hanté du leader, dont le timbre semble camper un hybride entre Léonard Cohen et Lou Reed. Parfois même proche de Vic Chesnutt. Pas étonnant que l’œuvre soit aussi ténébreuse et énigmatique. Il y a même ponctuellement du mellotron et une boîte à rythmes. Beaucoup de guitare sèche. Sur le premier cd, on a droit à un remix de John Parish consacré à « Shiver », en bonus track. Ah oui, pour le titre de l’album, Howe a de nouveau pensé à Ptacek, puisque ce dernier appréciait tout particulièrement l’opéra…
La même année, Giant Sand publie un second volume de sa série de bootlegs officiels, qu’il sous-titre « The rock opera years ». Le cd propose 13 titres, dont plusieurs versions différentes de compos figurant sur « Chore of enchantment », et notamment une superbe version live de « Dusted ». Parmi les indédits, on épinglera une cover du « Music Arcade » de Neil Young, à laquelle participent Evan Dando et Victoria Williams (NDR : on suppose aux backing vocals) ainsi qu’une rumba particulièrement entraînante, qui clôt l’opus, « No good ». Un disque plus expérimental, en général plus électrique, flirtant régulièrement avec le jazz, même si les bases country/rock sont toujours bien présentes. En bref, plus proche de ce que Giant Sand propose, à l’époque, sur les planches.

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