Derrière ce nom chantant ne se cache pas un groupe de musique cubaine tirant son nom d'un ancien club issu de la banlieue de La Havane, ni une bande de moustachus coiffés de charros prêts à en découdre, et encore moins un gang de narco-traficants colombiens pratiquant le brutal death metal à leurs heures perdues, façon Brujeria.
Ces dissidents-ci sont strasbourgeois, et pratiquent un stoner rock de fort bonne facture. On pense immédiatement à Kyus. A cause de la voix du chanteur, même si la musique pratiquée a un côté rock plus direct et frondeur, laissant de côté l’aspect plus psychédélique et planant des rois du desert rock.
L’album est cohérent et bien construit, même si on pourrait aisément reprocher L.D.D.S.M. de ne pas vraiment se mouiller. Le cahier des charges du genre est bien rempli, rien ne manque : ça groove, ça fuzze, c’est heavy sans être lourd, ça chante bien, ça place des harmonies vocales bien senties, avec parcimonie, mais en bout de course, on se demande quand même ce qu’on a retenu de cet opus ; et le constat est sans appel : pas grand-chose. Or, vu la déferlante de groupes de stoner à laquelle on assiste depuis quelques années, il faut, à défaut d’être original, torcher des titres catchy, qu’on retient, qu’on chantonne, sinon on se noie dans la masse, et c’est exactement ce qui arrive sur cet elpee, certes bien réalisé (NDR : mention particulière pour la magnifique pochette), mais qui ne décolle jamais vraiment.
Néanmoins, pour une autoproduction, ce disque reste largement au-dessus du panier de ce qui nous est proposé, en général ; et Los Disidentes Del Sucio Motel est sans conteste à suivre et à surveiller de près, car leur potentiel est énorme.

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