Fondé en 2008, PC Prophets est un trio établi en Caroline du Sud qui pratique une musique teintée de blues et de soul. Tim Kirkendall (NDR : il nous vient de St Louis, dans le Missouri) se consacre au chant et à la basse, Troy Tolle, la guitare et le black Henry Ancrum, la batterie. Le band s’est forgé une solide réputation en accordant des shows incendiaires. Lors de l’enregistrement de cet opus, un disque découpé en 10 pistes, le groupe a voulu restituer ce climat qu’il entretient en ‘live’. Et il a reçu le concours de deux potes, le claviériste William Nance et le percussionniste Eric Rickert.
"Close your eyes" est un blues rock à l’impact direct. La voix est profonde. L’orgue se fond subrepticement dans la section rythmique. Impatiente, la guitare n’attend guère pour se mettre en exergue. Très amplifiée, la slide de Troy introduit "Jesus saved my soul, but…" dans un climat volontairement dramatique. Très lent, ce blues nous pénètre jusqu’aux entrailles. Le chant de Tim est saisissant, curieusement proche de celui de Robert Plant des débuts du Zeppelin. Et le résultat est très réussi. C’est sur le même mode que PC Prophets embraie par "I already know". Naturellement puissante, expressive, la voix de Tim est chargée d’intensité. Troy ne concède que les notes nécessaires, mais en y injectant un maximum de sensibilité. C’est d’ailleurs dans ce registre que la formation me semble la plus performante. La voix de Kirkendall continue à impressionner sur "Mule in a horsetown". On vient pourtant de passer au R&B. Entraînante, cette plage est tapissée par l'orgue de Nance. Roots blues, "When the lights go down in St Louis" est sculpté dans les cordes acoustiques, malgré le bottleneck au son bien métallique. "Done changed my mind" opère un retour dans le blues lent atmosphérique. La voix ‘zeppelinesque’ de Tim s’y inscrit spontanément. Les notes torturées de la ‘six cordes’ passent parfaitement le cap, lorsque soudainement l’orgue impose un changement de tempo, amorçant une incursion dans le jazz. Et comme le blues lent colle à la peau de PCP, il nous en remet une couche, au cours de "Let me breathe". Une compo de très bonne facture, soulignée par la voix toujours aussi envoûtante du chanteur, mais dont la formule un peu trop répétitive peut finir par lasser. Légèrement funk, "I used to love" permet à la guitare de Trolle d’opérer un va-et-vient permanent. Prometteur, cet opus s’achève par "Pluff mud", un boogie instrumental saignant.

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