Surnommée The Mississippi Queen, Sheba est née à Sunflower, dans le Mississippi (NDR : of course !) De son véritable nom Martha Booker, elle est issue d'une famille de cueilleurs de coton. Sa vie était d’ailleurs essentiellement partagée entre ce dur labeur et l'église, où elle chantait le gospel. Elle accompagne sa mère, ses frères et sœurs pour aller vivre en Floride, où elle commence à chanter au sein des Grove Girls. Elle rencontre Freddie Nelson et le couple s'installe à New York. Ils s'y produisent sous le patronyme de The Swingers. C'est alors qu'elle se passionne pour la mythique chanteuse de jazz, Billie Holiday. Quinze ans plus tard, elle retourne à Miami en compagnie d’un autre musicien, Yosiah Israel. Elle y découvre enfin le blues, la musique de ses racines, à l’écoute de BB King, Koko Taylor et Etta James. Elle fonde ensuite les Rhythm Kings. Le groupe multiplie les tournées puis grave son premier elpee, "Miss Good'n' Plenty". Elle cherche de nouveaux musiciens et engage finalement le True Blues Band, ou plus exactement le Roach Thompson Blues Band, c’est-à-dire le backing group du guitariste floridien Warren ‘Roach’ Thompson, soit le bassiste George ‘Chocolate’ Perry, le drummer Michael ‘The dog’ Gauthier, également préposé aux gadgets électroniques, claviers, cuivres et cordes synthétiques ainsi que le joueur de slide, Chuck Juntzman. C’est flanquée de ce line up qu’elle a enregistré ce " Butter on my rolls", œuvre pour laquelle elle signe toutes les chansons!
L'album s’ouvre par le rythmé "Dance jump", une plage chargée de swing. La voix de Sheba est bien forgée dans le gospel. Naturelle, puissante elle est même remarquable. Roach Thompson libère des notes vivaces dès qu’il en a l’opportunité. Gauthier essaime des sonorités synthétiques à l’aide de ses claviers. Pas vraiment ma tasse de thé. La Mississippi Queen chante autoritairement "Real good woman", un excellent blues lent tapissé par l’orgue, et au cours duquel les cordes de Roach vibrent subtilement. Dommage, une nouvelle fois, la présence de ces cuivres synthétiques. Gauthier et Perry auraient mieux fait de s’abstenir ! De toute bonne facture, "Big man" est imprimé sur un tempo contagieux. La voix de Sheba est talonnée par les cordes délicates de Thompson. Tendre ballade, "Can't help lovin' my man" véhicule des intonations soul et jazz. La slide de Chuck Juntzman s’impose tout au long du vivifiant "Oh so good". Bien rythmée, "Pourin' rain" est une plage destinée à la danse, une compo que Roach colore de tonalités personnelles. En libérant des accords de gratte acoustiques et métalliques, à l’aide de sa Resonator, Juntzman nous ramène dans son Mississippi natal. De quoi apaiser Sheba qui nous raconte longuement, tout au long de ce "Blues of my soul", les lointains souvenirs de son enfance. "Butter on my rolls" est introduit par des accords de piano, un superbe blues lent qui met en exergue sa voix saturée d’émotion. Une voix qui se fait grave pour interpréter, "Don't say goodbye", une chanson d'amour… Après un jump blues musclé intitulé "Ms Good-n-Plenty", l’opus s’achève par "Good good lovin'", un dernier blues chargé de passion, mais malheureusement, une nouvelle fois altéré par des claviers synthétiques…

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