Dagoba me pose un véritable problème. Autant il constitue une machine exterminatrice voire même dévastatrice sur les planches, grâce à des compos surpuissantes interprétées par un groupe ultra en place, qui mêle judicieusement le modern metal de Soilwork à la martialité quasi industrielle d’un Fear Factory. Servis par un frontman charismatique (même si son accent chantant de Marseille peut parfois prêter à sourire), le groupe envoie le bois sur scène, et comme le dit si bien Shawter, est là pour ‘tout tuer’.
Sur disque, c’est une autre paire de manches. Si le premier opus éponyme et le suivant, « What Hell Is About » sont de véritables petites perles du genre, les trois autres à leur actif (incluant celui qui nous concerne ici) ne sont véritablement pas à la hauteur de leur talent. Pour « Face The Colossus » et « Poseidon », la responsabilité incombait principalement au son. Des choix de mixage hasardeux et difficilement compréhensibles pour un combo de cette trempe sont venus plomber les deux plaques. Tout au long de « Post Mortem Nihil Est », le problème persiste : le chant est en retrait, les guitares mollassonnes, la basse inexistante ; bref, on n’entend pour ainsi dire que la batterie ultra triggée de Franky Costanza… Enfin, surtout ses grosses caisses, le reste donnant l’impression d’être joué depuis le fond d’un couloir.
C’est d’autant plus étonnant que les compos sont ambitieuses. Dagoba apporte une couleur plus progressive et tente de créer des ambiances. Les chansons sont plutôt bien écrites et bien interprétées, mais ce son inégal et incertain rend vraiment l’écoute de ce long playing presque pénible.
Malgré un cinquième essai, Dagoba reste encore et avant tout un groupe à n’apprécier que sur scène, et c’est bien dommage…

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