Foetus alias Clint Ruin, alias Jim Thirwell, etc., etc., considère qu'en prônant l'apologie de la violence, il pratique de l'art terroriste. Attitude contestable si elle devait être prise au premier degré. Mais cet acte de voyeurisme est en fait destiné à bannir toute forme de censure, et son langage infecté d'un humour venimeusement visionnaire. En fait, l'image de son propre esprit paranoïaque n'est que le miroir de l'humanité. Et les thèmes consacrés à la folie, la terreur, l'hystérie, la détresse, l'outrage, la pornographie, le crime, le viol, l'apocalypse, monstrueusement contemporains. Côté musical Foetus pille aussi bien le blues, le metal, le disco, le rhythm’n’blues, le heavy metal, la musique de film que l'avant-garde classique, pour en régurgiter une forme de hardcore post-industriel tentaculaire et mutant. Une expression qu'il peut écorcher à souhait de son timbre vocal rocailleux. Pour "Gash", il s'est cependant aventuré dans le jazz. Pour deux titres seulement. Jazzcore pour "Hammer falls". Cuivré et swinguant (Benny Goodman?) sur les onze minutes vingt et une de "Slung". Revu par la technologie moderne. Mais sans pour autant en dénaturer le goût! Un titre impressionnant qui tranche avec le reste de l'opus. Car hormis "Steal your life away" à la construction inspirée par Fad Gadget ou ce filmique (Orange Mecanique?) "Mutapump", cette œuvre se révèle impitoyablement austère et surtout extrêmement complexe...

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