Il est loin le temps des spectacles nihilistes, chaotiques, caricaturaux, irrévérencieux, dispensés sur fond de messes noires et des travestismes pour Fionan Hanvey. Depuis qu'il a quitté les Virgin Prunes, Gavin a adopté un profil plus intimiste, lié au café-théâtre. Celui de Kurt Weill, Berthold Brecht, Jacques Brel, Edith Piaf et Lisa Minelli. En compagnie de son inséparable pote, Maurice Seezer, il a même monté un cabaret à Dublin en 1988... Un style plus intimiste, mais également plus avant-gardiste dans le sens le plus pop du terme, plus glam dans l'esprit de Bowie, de Cockney Rebel et de Bolan. Un Bolan à qui il emprunte "The Slider" sur "Shag Tobacco", album à la sensibilité énigmatique, embué d'orchestrations mélodramatiques et sculpté dans un funk insidieux. Hormis le cartoonesque, standardisé "Le Roi d'amour" et le dispensable mais dansant "Angel", les dix autres fragments nous précipitent dans un univers mystérieux, envoûtant, hanté par les spectres de Marc Almond, de Japan, de Tuxedomoon et même du Floyd circa "Dark Side of the Moon"... Etonnant!

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