Giant Tiger Hooch (traduisez ‘la gniôle du tigre géant’) est une nouvelle formation batave, issue d'Amsterdam plus exactement, fondée en 2011, qui pratique une musique née d’un mélange de blues, punk et R&B. Elle a signé chez Cool Buzz, un label qui dans le passé, a hébergé nombre d'artistes intéressants (Cuban Heels, T99, Hokie Joint, Big Blind, Drippin' Honey, Sugarcane, …) Ce quatuor réunit deux chanteurs guitaristes (Jeroen Ligter et Jorrit Longo), un bassiste (Simon Zijlstra) et un drummer (Johannes de Boer). Trois musiciens blancs et un noir, Johannes, le maître du rythme.
"76" constitue leur premier véritable elpee. Auparavant, le groupe avait publié un Ep. Les musiciens ne manquent pas de talent, même si ce ne sont pas des techniciens de haut vol. Leur expression sonore nous replonge dans le passé. Elle me fait d’abord penser à la vague punk qui a déferlé fin des 70’s. Au pub rock qui a débarqué un peu plus tôt, aussi ; et en particulier à Dr Feelgood. Mais également aux groupes insulaires apparus au cours des sixties qui masquaient leur manque de planches par une énergie débordante. A l’instar des Pretty Things, à leurs débuts, par exemple. Pas de méprise, car au fil du temps, la formation va devenir de plus en plus expérimentée, créative et attachante. Elle est même devenue mythique !
Revenons à nos tigres géants. Ils démarrent en force par "My time". Impeccables, les percus de Johannes canalisent bien l'ensemble et l'harmonica d’Ivo van Jar, invité pour la circonstance, communique une couleur pub rock indélébile à la compo. "Get high" embraie sur un tempo aussi vivifiant. Si le son est impeccable, le chant est volontairement primaire, sans compromis. Bien sollicité en slide, le bottleneck accentue cette impression. La conjugaison des cordes électriques largement amplifiées et de l'harmonica forge le plus souvent la trame des compos. "You and I" entre dans une transe hypnotique. La reprise du "Mojo" de Bob Dylan atteint parfaitement sa cible. L’attaque est brutale, alors que la voix n’est pas tellement éloignée de celle du Zim au début des sixties. Le tempo ralentit quelque peu sur "Horse", même si les sonorités rugueuses, coupées au couteau, sont très susceptibles de rappeler une certaine technique chère au géant Howlin' Wolf ! L'atmosphère est lourde. Les guitares discordantes envahissent "Oh my lord". L’équipage néerlandais décide alors de chante en chœur, comme si leur vie en dépendait. Toujours bien amplifiées et réverbérées, les grattes attaquent "Blacka woetade". Le chant est punk et agressif. Métallique, le son flirte avec la surf music. L'étreinte ne se desserre pas. Anouk Vissee accorde la réplique vocale féminine sur "Six 49". "My momma told me" trempe un peu dans la pop festive. Et surprise, les musicos achèvent l’elpee par une compo acoustique, un morceau de folk/country/blues que le band restitue sans se prendre vraiment au sérieux…

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