Ce quartet canadien est né en juillet 1998. Raoul Bhaneja, à la fois musicien et acteur, en est le fondateur. A l’époque, il vivait alors à Ottawa. Le Big Time, basé depuis à Toronto, s'est forgé une solide réputation au pays du sirop d'érable. Le combo a publié cinq elpees à ce jour : "Big time blues" en 2000, "Cold outside" en 2004 et "You my people" en 2009, pour lesquels le combo avait reçu le concours des Californiens Junior Watson et Mark Hummel, ainsi que "Blue Midnight" en 2010, destiné à rendre un hommage ‘live’ à la légende de Chicago, Little Walter Jacobs. Sans oublier, bien sûr, ce nouvel opus, "Hollywood Boulevard".
Les sessions se sont déroulées entre Toronto, au Canada, et Burbank, en Californie. Le band y a concocté une excellente tranche d'American roots, farcie de blues, de jazz, de rock'n'roll et de west coast swing. Raoul se réserve le chant et l'harmonica. Son Big Time réunit le guitariste Darren Gallen, le drummer Tom Bona et le bassiste Terry Wilkins. De nombreux invités prestigieux, pour la plupart californiens, sont venus participer aux sessions d’enregistrement. Nous sommes donc sur le parterre étoilé de Hollywood Boulevard, à Los Angeles!
"Nothin' gonna take me down" ouvre les hostilités. Raoul est au vocaux. Il est soutenu par des musicos qui prévilégient une musique minimaliste, mais d'une efficacité redoutable. Soit le noyau actuel du backing band de Mavis Staples ; en l’occurrence Rick Holmstrom aux cordes, Jeff Turmes à la basse et Stephen Hodges à la batterie. Instrumental, "Hollywood Boulevard" réalise une rencontre hypothétique entre Slim Harpo et Ramsey Lewis. Fred Kaplan brille au piano. L'incomparable Junior Watson attaque les cordes dans l'esprit de Slim Harpo. La voix de Raoul libère énormément de feeling tout au long du "Someday" de Bobby Bland, un superbe blues lent, balayé par les cuivres et la guitare de Franck ‘Paris Slim’ Goldwasser. Larry Taylor et Richard Innes (NDR : souvenez-vous du Hollywood Fats Band !) constitue la section rythmique rêvée pour baliser le Chicago shuffle "High roller". Caractérisé par ses sonorités primaires, l’instrumental "Amphetamine" permet à Raoul de se mettre en exergue. Et s’y révèle brillant, proche même de Little Walter ou de George Smith, alors que Rick Holmstrom lui donne la réplique. "Get out of my life woman" est issu de la plume d'Allen Toussaint. De quoi s’autoriser une petite halte à la Nouvelle Orléans. Les Canadiens tirent manifestement leur épingle du jeu : Darren Gallen aux cordes, Tyler Yarema au piano et Mark Mariash aux percussions. Encore un instrumental, "Left Coast Fred", du West Coast jump saturé de swing. Raoul est au cœur des marais louisianais pour chanter "Why am I treated so bad", une compo qui figure au répertoire des Staple Singers. Holstrom y réverbère des sonorités de cordes surprenantes. La voix de Bhaneja est chargée de passion quand il chante "Tired". Et les tonalités de son harmonica chromatique semblent alors si familières à George Smith. "Spoken for" est un excellent jump à la Watson. Le long playing nous réserve une dernière piste instrumentale, "Curtis charm" ; et elle nous permet de savourer un remarquable duo entre harmonicistes, en l’occurrence Raoul et son ami Curtis Salgado. "In the shadow of the pine" clôt cet opus d’excellente facture. Empreint de quiétude, ce titre baigne dans un climat louisianais. Et il met en exergue les interventions à l'accordéon de Johnny Sansone et au violon d'un autre pote canadien, John Showman. Un disque que je vous recommande vivement !

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