Ian Siegal est sans aucun doute l'un des meilleurs bluesmen insulaires. Agé de 42 balais, ce chanteur/guitariste/compositeur truste, chaque année, les récompenses des British Blues Awards, depuis 2010. Il se produit régulièrement en compagnie d’un groupe ; mais il lui arrive de se produire en solo, armé de sa seule guitare et de sa voix. Et ce "Man & Guitar", enregistré par la BBC au célèbre Royal Albert Hall de Londres, en octobre dernier, dans le cadre du London Bluesfest, immortalise un tel exercice du style. La setlist est constituée de compos personnelles et de traditionnels du blues.
Ian est assis. Solitaire devant l’auditoire de l'imposant Royal Albert Hall. Sa voix ravagée et rocailleuse nous guide, tandis qu'il gratte nerveusement ses cordes. Il ouvre le set par "The Silver spurs", un morceau qui figurait sur son elpee "The dust", paru en 2008. Le bottleneck bien accroché au doigt, il le fait glisser le long des cordes communiquant au son ce caractère métallique si caractéristique. Il interprète "Mary don't you weep", un negro spiritual qui remonte avant la guerre civile des USA. Pete Seeger, Aretha Franklin et Bruce Springsteen l’ont autrefois également inclus dans leur répertoire. Siegal possède un don unique à se servir du bottleneck. Et il le démontre une nouvelle fois sur "Mortal coil shuffle", un blues bien ancré dans ses racines. Il rend ensuite hommage à l'un de ses maîtres, Charlie Patton. Considéré comme le père du ‘Delta blues’, il avait enregistré son "Pony blues", en juin 1929. Un bail ! Ian injecte toute sa rage dans la voix pour adapter ce titre d'un autre siècle. "I am the train" est imprimé sur un tempo hypnotique, proche de celui du chemin de fer. "T' ain't nobody's business" est un autre très ancien blues. Il a été composé par le pianiste Porter Grainger, vers 1921. Depuis, il a été repris à maintes reprises par des tas d’artistes devenus légendaires, dont Bessie Smith, Alberta Hunter, Billie Holiday, Dinah Washington, Sam Cooke et, avec pas mal de bonheur, Freddie King. Taj Mahal en avait également réalisé un arrangement personnel ; et c’est celui-ci que Siegal a choisi d’adapter, lors d’une version à la performance vocale impressionnante. Mais le meilleur titre exécuté lors de ce concert est incontestablement son "Falling on down again". Il attaque encore le "Preachin' blues" de Robert Johnson, un medley composé de chants traditionnels. Puis "Live so God can use you", un gospel d'une autre époque, également repris par Muddy Waters. Et embraie par le "You got to move" de Fred McDowell. En fin de parcours, il nous réserve la cover du "Gallo del Cielo" de Tom Russell, et une composition ancestrale, "Hard times". Ecrite en 1854 par Stephen Foster, elle a figuré au répertoire de Bob Dylan et Johnny Cash.

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