Terriblement sinistre mais réaliste, le titre du deuxième elpee de l'ex-leader du défunt combo français, La Marmaille Nue. Peintre, dessinateur et poète, Mano Solo est séropositif. A 15 ans, il était toxico. Aussi, aujourd'hui il a des choses essentielles à dire. En un minimum de temps. Pas question donc pour lui de les gaspiller en futilités. Ses lyrics traduisent d'ailleurs parfaitement cet état d'esprit... Au cours des derniers mois, il s'est même découvert une conscience politique. En fustigeant les essais nucléaires décrétés par le pouvoir hexagonal. N'hésitant pas à interpeller la foule au cours de ses concerts. ‘Personne à ce jour, ajoute t-il, ne s'est pourtant manifesté, pour défendre la philosophie de Chirac. Soit son électorat a honte, soit mon audience pense à gauche. Un peu comme moi, même si j'ai applaudi la chute du mur de Berlin’. De sa voix écorchée, désabusée, il épanche toute sa tristesse fiévreuse: ‘La musique qui pleure avec moi... un manque d'amour... pays sans femme et sans chien’. Des phrases qui reflètent parfaitement le climat cafardeux mais poignant au sein duquel baigne ce disque. Dix-sept chansons, dix-sept rengaines empreintes de chagrin, d'ennui et d'abandon plaquées sur fond de blues, jazz, guinguette, flamenco ou cabaret. Dix-sept témoignages du spleen vécu par ses contemporains pendant ces années sombres...

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