Alors que la plupart des ensembles contemporains s'évertuent à contracter voire à écourter leur patronyme, Spiritualized a décidé de lui greffer deux appendices supplémentaires: Electric et Mainline. Ce qui à première vue ne change rien au style musical développé par la formation insulaire. Encore que curieusement sa popularité se soit mise à monter en flèche? Aux Iles Britanniques, bien sûr. Et à cause de cet album. Le deuxième du combo. Une œuvre déroutante, psychédélique dans le sens le plus visionnaire du terme. Une démarche qu'aurait probablement empruntée, un jour ou l'autre, le Floyd, si Waters n'avait pas dû remplacer Syd Barrett. Le décor planté, il ne vous reste plus qu'à vous laisser transporter pendant plus d'une heure dans ce monde futuriste. Dès les premiers accords, l'auditeur est totalement submergé par la tempête cosmique, agitée d'explosions spectrales, par cette texture luxuriante où cordes de guitare, tantôt en couches, chargées de feedback, circulaires, spasmodiques, tumultueuses ou distordues, se liquéfient dans l'espace interstellaire. Et puis, au fil du sillon, la solution épouse une forme plus languissante, presque relaxante, hypnotique. Sorte de carrousel qui tourne dans le vide, réverbérant des backing vocaux teintés de gospel et des lyrics dévotionnels murmurés, chuchotés, sur un lit de cuivres, de claviers mousseux ou de cordes symphoniques. Un superbe album!

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