Succédant au mal aimé « Lifeblood » -il a récolté une volée de bois vert de la part des critiques alors qu’il contenait de vrais pépites-, « Send Away the Tigers » se situe dans la lignée des précédents albums des Manic Street Preachers, véhiculant des messages pseudo-révolutionnaires au son d’un rock un peu lourdingue. Il faut pourtant reconnaître à James Dean Bradfield une capacité à viser dans le mille en matière de chansons accrocheuses. On oublie le sens des paroles pour s’en tenir à ceux des titres, histoire de se laisser bercer par son timbre de voix si caractéristique et les guitares héroïques balançant des solos imparables.
« Send away the Tigers » a reçu un accueil critique plutôt favorable, alors que les compos oscillent entre rock pompeux et morceaux pseudo-métal (« Rendition »). Il souffre, en outre, d’un anglo-centrisme un peu trop marqué. Une situation préfigurant mal toute éventuelle tournée européenne. Bien malin celui ou celle qui peut s’improviser devin ; mais les M.S.P. semblent condamnés à produire des albums potables à défaut d’être inoubliables. Ajoutons-y l’artwork médiocre de la pochette. Résultat : torché en 30 minutes cet album nous a laissé sur notre faim.

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