Trois ans déjà que la bande à Parker Griggs n’avait plus enregistré d’album studio. Il avait bien publié « 3 & 3 Quarters », en 2012, mais il s’agissait d’une sélection de démos concoctées par le leader, avant que la véritable aventure du groupe ne débute. Encore que depuis 2013, le line up implique une nouvelle section rythmique. Soit Anthony Meier à la basse et Paul Marrone aux drums.
Ce qui n’empêche pas Radio Moscow de continuer à puiser ses sources au sein du psychédélisme des 60’s et des 70’s. Parker voue un véritable culte à Jimi Hendrix et son jeu de guitare en est la plus belle illustration.
Après avoir gravé un opus éponyme en 2007, « Brain Cycles », en 2009 et le brillant « The Great Escape of Leslie Magnafuzz », en 2011, le combo nous propose donc ce « Magical dirt ».
Prodige de la six cordes, Parker est un fervent adepte de la pédale wah wah. Il est hanté par le Jimi Hendrix Experience, mais pas seulement. Au rayon des spectres, on pourrait ajouter The Cream, Blue Cheer et Humble Pie.
« So Alone » nous plonge instantanément dans le bain. Les compos sont émaillées de breaks et de changements de rythme. Puissant, « Rancho Tehama Airport » rappelle le hard rock de la fin des 60’s voire du début des 70’s. Caractérisé par ses excellentes sorties de guitare, ce titre me fait penser à Ritchie Blackmore (Deep Purple) au sommet de son art. Prélude à l’album, « Death Of a Queen » est paru en single. Et finalement, cette compo n’aurait pas fait tâche d’huile, 40 ans plus tôt, dans le répertoire d’un dinosaure de l’époque. Groovy, « These Days » est également sorti en single. La voix s’y révèle autoritaire.
« Bridges » et « Got The Time » trempent au sein d’un hard/blues/psyché que le trio dispense généralement en live. Une seule cover : le « Gypsy Fast Woman » de Rick Handle (Brain Police). Un morceau qui remonte à 1968 ! Le band parvient à préserver sa spécificité, tout en lui insufflant une touche de modernisme. La pédale de distorsion lamine brillamment et judicieusement « Before It Burns ». « Seet Lil Thing » et « Stinging » macère dans un blues, réminiscent du Delta. « Stinging » adopte un profil plus acoustique. Bref, dans le style, c’est un excellent album…

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