Le premier opus de Lee Bains III, "There is a bomb in Gilead", était paru en 2012 chez Alive Natural Sound! Produit par Tim Kerr, leur second a été publié par Sub Pop. Et il a été enregistré à Nashville. Le line up est partagé entre citoyens d’Atlanta, en Georgie, et de Birmingham, en Alabama. Eric Wallace et Lee se consacrent à la guitare. Ce dernier, se réserve également le chant. Adam Williamson se charge de la basse et son frère, Blake, de la batterie.
La musique de Lee Bains est plutôt dure, agressive, sans concession, féroce même, combinant rock, garage, punk et blues, dans un contexte qui n’appartient qu’au Sud des States. Elle est balisée par les deux grattes. Sociopolitiques, les lyrics de Bains critiquent le néo-libéralisme.
Dès les première notes de "The Company man", je ne puis m’empêcher de penser aux frères Asheton, lorsqu’ils sévissaient dans les Stooges, en 1969. Bien sûr, la voix de Lee n'est pas vraiment comparable à une caresse, mais elle diffère de celle d’Iggy Pop. Nous ne sommes d’ailleurs pas à Detroit, mais bien dans le Sud. "Dereconstructed" a une pêche d’enfer. Un southern rock au cours duquel les guitares s’illustrent. Dans un style qui me rappelle un autre band issu d'Atlanta, Georgia Satellites. Drivé par Dan Baird, il cartonnait dans les années 80. Un Baird qui milite aujourd’hui chez Homemade Sin et les Bluefields, des combos établis à Nashville impliquant l’ex-gratteur de Jason and the Scorchers, Warner E Hodges. Et les grattes sont toujours aussi débridées sur "Burnpiles, swimming holes", une plage caractérisée par ses changements de tempo et ce feeling dramatique qui contaminent les riffs. D’excellente facture, "The Kudzu and the Concrete" baigne à nouveau dans le southern rock à la Baird. "What's good and gone" s’ouvre dans un climat paisible ; néanmoins l’électricité refait rapidement surface sur cette compo plus pop, bien structurée, qui lorgne à la fois vers Lynynrd Skynyrd pour le refrain, et les Stones, pour les cordes. "We dare defend our right!" adopte un profil davantage blues, mais sudiste, une piste au cours de laquelle, déjantées, les six cordes sont au bord de l'asphyxie. Offensif et rageur, "Flags" opte pour un format plus punk. Autre rock sudiste, "Mississippi bottomland" accroche plus aisément l’oreille. La voix est empreinte de sérénité, alors que les riffs sont dispensés à la manière d’un Keith Richards. Lee souffle alors dans son vieil harmo pour marquer le retour au calme. Les Glory Fires achèvent cet elpee de toute bonne facture par "Dirt track". Caractérisée par les derniers cris de Lee Bains III, cette compo macère dans un blues à nouveau contaminé par l’esprit de Lynyrd Skynyrd et des Stones…

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