Tom Petty fêtera bientôt ses 64 balais ; et il a toujours bon pied bon œil. Acteur populaire de la musique rock américaine depuis plusieurs décennies, ce chanteur/guitariste floridien avait fondé ses Heartbreakers, au cœur des années 70. Le combo publie son premier elpee en 1976. Il est éponyme. Et déjà on détecte chez l’artiste de réels talents d'écriture. Le long playing recèle d’ailleurs déjà deux hits, "American girl" et "Breakdown". La route est alors tracée et elle nous mène jusqu'aujourd'hui. En 1988, il tentera toutefois une aventure en solo, au cours de laquelle il grave « Full Moon Fever » (NDR : ses deux autres LPs en solitaire, il va les enregistrer en parallèle). Et puis il ne faut pas oublier sa fameuse parenthèse vécue au sein du super groupe Traveling Wilburys, entre 1988 et 1990, en compagnie de Jeff Lynne, Bob Dylan, George Harrison et Roy Orbison, qui accouchera de deux long playings.
Le plus remarquable dans l’histoire des Heartbreakers, c’est la fidélité des musicos à leur leader. Après presque 40 années d’aventure, on retrouve pratiquement les mêmes musicos au sein du line up. Et tout particulièrement le guitariste Mike Campbell et le claviériste Benmont Tench. Leur dernier opus "Mojo", remonte quand même à 2010.
"Hypnotic Eye" constitue le 13ème elpee studio de la formation. La formule n'a pas vraiment changé, puisqu’on y retrouve ce rock mélodique si caractéristique, souvent teinté d’accents pop, et subtilement nourri aux racines américaines, comme le blues.
Très rythmique, "American dream plan B" ouvre la plaque sur un bon riff de guitare. La voix du leader est toujours aussi nasillarde. Campbell, Petty et Scott Thurston entretiennent une excellente combinaison entre cordes acoustiques et électriques. Tout est parfaitement en place pour cette superbe entrée en matière. La section rythmique (Ron Blair à la basse et Steve Ferrone aux drums) introduit "Fault lines". Le tempo est soutenu mais bien cadencé ; les guitares sont bien présentes et à l'offensive. "Red river", c’est du Petty pur jus ! Un titre captivant, sculpté dans le pop/rock. Les claviers de Tench dominent "Full grown boy", une ballade légère et pétillante. Plus classique, "All you can carry" est investi par les cordes de Campbell. Des accents blues ouvrent "Power drunk". On pense inévitablement à ZZ Top ; même la rythmique évoque le trio texan. Mais c’est la voix de Petty qui apporte la coloration personnelle à cette compo. Nerveux, "Forgotten man" ne manque pas sa cible : c’est un hit potentiel ! Excellent ! Autre ballade, "Sins of my mouth" est une chanson empreinte de douceur et de mélancolie. "U get me high" emprunte un riff de guitare stonien, mais épuré de toute âpreté. L’orgue tapisse l’ensemble avant qu’une gratte dissonante et acide ne vienne s’y immiscer. On épinglera sur ce titre, le remarquable travail de mise en forme. "Mojo", le précédent opus, était fondamentalement blues. Et le résultat était tout à fait remarquable. Structuré comme un boogie, "Burnt out town" lorgne vers les Doors. Thurston souffle dans son harmonica alors que Tench siège derrière le piano. Et bien évidemment, c’est la plage que je préfère. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par "Shadow people", encore une solide composition qui permet à Mike Campbell de s’autoriser un dernier envol…

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