Etablie à Chicago, Liz Mandeville est une chanteuse de blues. Compositrice prolifique, elle gratte également de la guitare. En outre, elle a également monté son propre label, Blue Kitty Music. Originaire du Wisconsin, elle s’est installée dans la Cité des Vents, en 1979. Elle s’était alors mariée à Willie Greeson qui militait au sein du Legendary Blues Band, une formation qui réunissait des musicos qui avaient sévi dans le Muddy Waters Band. Elle s'est d'abord révélée sous le nom de Liz Mandeville Greeson. Le nom de son mari a disparu, suite à l’échec de son union! Elle a longtemps travaillé auprès du bassiste Aron Burton, mais également bossé en compagnie de Willie Kent, Maurice John Vaughan et Michael Coleman. De couleur blanche, cette dame est parvenue à se forger une notoriété dans la plus grande ville de la région du Mid-Ouest. Ce qui n'était pas gagné d'avance. Elle vient de graver son sixième LP personnel.
Liz drive son propre groupe, les Blue Points, un combo au sein duquel militent le Japonais Minoru Maryama à la guitare, Darryl Wright à la basse et Jeremiah Thomas à la batterie. Un claviériste et une section de cuivres complètent le line up. Et suivant la tradition, quelques invités ont poussé la porte du studio. Quoique blues, "Heart 'O' Chicago" est largement teinté de soul, et notamment à caractère Stax et Muscle Shoals.
Liz Mandville s'échauffe sur "Cloud of love", un R&B bien dansant. Sa voix est claire. Elle conserve cependant une réserve de puissance conséquente. Les cuivres sont bien mis en exergue. Le prestigieux Eddie Shaw, autrefois leader du Wolf Gang, backing group de Howlin' Wolf, est venu renforcer l’ensemble de son sax ténor. Il émane de ce titre, un funk naturel, balisé par les interventions de basse de son compagnon Darryl et l'orgue Hammond de Miss Joan Gand. Elle adopte un timbre plus grave pour aborder "These blues", une ballade swing jazz au cours de laquelle Joan passée au piano, Minoru brille aux cordes et les cuivres se révèlent particulièrement en verve. "Don't doubt my love" est un titre de soul classieux. Liz et Charlie Love (ex-Casey Jones Revue), un grand spécialiste du style, se partagent les vocaux. Contemporain, dansant, "So called best friend" est un Chicago blues coloré par l'orgue Hammond et souligné par les interventions de Billy Branch à l’harmo. La voix de Liz est au sommet de son art sur "Quit me on a voice mail", un R&B très lent, abordé dans l'esprit du southern soul de Memphis. Elle y injecte toute sa sensibilité, épanche tout son vécu, face à l'orgue Hammond, le saxophone ténor troublant d'Eddie Shaw et les cordes mélodieuses de Maruyama. Imprimé sur un bon tempo, "Party at the end of time" est un Chicago blues plus conventionnel, marqué par le retour de Branch à l’harmonica. Et ses interventions sont vraiment atmosphériques. Les cuivres reviennent à la surface sur "Silver's lining", un blues rythmé destiné à la danse. "Tig Tok" est une composition qui accroche instantanément. Une compo de pop/r&b à la mélodie légère, tapissée par l'orgue Hammond. Les cuivres servent de rampe de lancement à la guitare, alors que Miss Mandville ne cesse de relancer le Tig Tok! Enchantée, elle empoigne sa gratte électrique et nous sert une tranche funk bien brûlante intitulée "Why would a woman sing the blues". Charlie Love revient servir de partenaire vocal pour le blues enlevé "Smart women foolish choices", une piste balayée par la trompette de Wade Baker, alors que Minoru semble bien avoir rechargé ses accus à la six cordes. "Life is like a wave" clôt l’elpee. Un pur bonheur ! Du blues très fifties dont le tempo semble avoir été emprunté à Jimmy Reed. Liz est toujours à la gratte, pendant que Dizzy Bolinski, une étoile montante de la Cité des Vents souffle passionnément dans son harmonica. De toute bonne facture, ce long playing propose onze compos originales également produites par Liz Mandeville…

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