Le blues a toujours été populaire chez nos amis du Nord ; et depuis les 60’s, ils ont toujours donné naissance à des artistes talentueux. La scène y est particulièrement vivace et le nombre de jeunes formations y est important. Les Hollandais possèdent un son, qui a été cultivé et exploité par le label Cool Buzz depuis ses débuts en 1998. Sur cette écurie, la formation Big Blind a pondu un excellent album en 2009, "Circus left town". On se demandait ce qu’elle était devenue. Et bien on a la réponse, puisque le chanteur/harmoniciste Wesley Van Werkhoven, le guitariste JJ Van Duijn et le drummer Niels Duindam ont décidé de monter un nouveau combo en février 2013, le Dynamite Blues Band. Seul changement au sein du line up, la présence de Renzo Van Leeuwen qui a repris le poste de bassiste à Dirk, le frère de JJ! Et le résultat tient la route. Du blues franc, direct, dynamique et original. Les quatre musiciens signent les treize plages.
Dès les premières notes de "Howlin", nous sommes plongés au cœur de cet univers blues typiquement batave ; un ancrage bien personnel, même si le tout est épicé de saveurs empruntées aux Red Devils de Lester Butler. La voix de Wesley n'est pas très puissante, mais harmonieuse, elle se fond bien dans l’ensemble. Subtil, original, le jeu d'harmonica intervient assidûment. Une formule qu’on retrouve sur "Reset", une des meilleures plages de l’opus. Le rythme s'emballe sur "Boom boom boom". La rythmique puissante et le chant caustique me rappellent les Pretty Things à leurs débuts. Butler hante également "Doin' okay". L’harmoniciste vide pour la circonstance ses poumons. La voix est vivace. "Anna Lee" nous entraîne dans l'univers texan des frères Vaughan, et tout particulièrement celui de Jimmie. A cause du style incisif de JJ sur les cordes. "Rebound" opère une première incursion dans le boogie. Un tempo également adopté par le brillant "Boogie through the night" et lors de la finale, "Shakedown & boogie". "Rebound" évolue sur un rythme indolent, lancinant, hypnotique même, dans l’esprit de Howlin' Wolf ; une piste au cours de laquelle JJ se concentre sur la slide. Van Duijn tire son épingle du jeu tout au long de "Movin", un West Coast jump qui libère une swing léger, tout en évoquant la crème du genre, comme Hollywood Fats ou Junior Watson. Le long playing recèle également deux pistes rythmées et explosives ; en l’occurrence, "TNT" et "Dynamizer", un instrumental sur lequel Wesley pourrait rivaliser avec les meilleurs souffleurs contemporains. "Black magic" est la compo la plus lente, une chanson empreinte de mélancolie qui reflète un certain de mal de vivre…

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