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Afrikän Protoköl est une formation d'afro-jazz dirigée par le saxophoniste belge Guillaume Van Parys. Elle est née de la rencontre entre Guillaume et Moïse Ouattara, un drummer burkinabé. La musique intègre bien les rythmes traditionnels de l'Afrique de l'Ouest. Les musiciens se produisent à six, parfois sept et symbolisent la diversité multiethnique de cette partie du continent africain. La section rythmique réunit des musiciens issus du Burkina Faso. Soit Moïse, son frère Achille à la basse et Zouratie Kone aux percussions. La section de cuivres implique deux Belges : Guillaume au saxophone alto et Toine Thys aux saxophones soprano et ténor ainsi que l'ivoirien, Yizih également au saxophone ténor. Et parfois, Laurent Blondiau apporte son concours à la trompette.

Dès les premiers instants de "France Au Revoir", les musiciens burkinabés se libèrent déjà à la batterie, aux percussions et à la basse. Le trio de cuivres les rejoint ensuite pour cet afro-jazz inspiré de Fela Kuti. Une plage vivifiante, nerveuse, avant que le tempo ne ralentisse, afin de permettre à l’un ou l’autre instrument de sortir du collectif. D'abord, le saxophone ténor, sans doute de Yizih, rejoint lors de l’accalmie suivante, par le sax soprano de Toine. "On ne tue pas les idées" est issu du même moule, mais il est imprimé sur un autre tempo. Même s’il existe une forme de liberté pour s’exprimer dans l’univers du jazz, il faut reconnaître que tout est bien mis en place, plutôt structuré, surtout dans le chef des différents saxophones. Moïse Ouattara maîtrise parfaitement tous les éléments de ses drums. "African connection" évoque la relation entre un non africain et un africain. Le rythme est pour la circonstance propice au dialogue ; et suivant les ondulations d'une femme africaine, la trompette de Laurent Blondiau d'abord, puis les saxophones et la basse communiquent l'expression de leurs sentiments. "Ya foy" se traduit par ‘Il n'y a pas de problème’ et engage un dialogue entre le percussionniste griot (NDR : le griot africain est en effet le dépositaire de la culture orale) Zouratie Kone et les souffleurs. "I dansè" reflète l'accueil chaleureux accordé aux étrangers et constitue en même temps une invitation à la fête et aux danses. La piste est donc très animée, saccadée, rythmée. Tous les instruments entrent en fusion : percussions, basse, saxophones et trompette, dans un délire collectif! "Troubadou has gone" concerne la liberté du blanc qui peut aller où bon lui semble ; ce qui n'est pas le cas de l'Africain. L'atmosphère est ici calme, mais grave. La liberté a un prix. Les cuivres semblent se concerter et émergent l'un après l'autre, dans un climat très saharien. "Vitamine Z" est envahi par cette poussière ocre balayée par tous les vents qui souffle sur Ouagadougou. Elle est ensuite disséminée par les motos et autres véhicules, accentuant le phénomène de pollution qui rend la vie encore plus difficile. "Ca fait deux jours" et "Longtemps qu'on ne s'est plus vu" suggèrent les rencontres ainsi que les allées et venues des Africains. Les instruments déambulent, se rencontrent, se quittent et finissent par se retrouver. "Le passe-temps vite" met le doigt sur le mode de vie qui diffère entre les Africains et les Européens. Les premiers prennent le temps de vivre. Les seconds courent sans cesse après le temps. A contrario, la rythmique emprunte d’abord un chemin inverse. Les musicos semblent flâner avant de s'enflammer pour participer à une fête du rythme, célébrée tout au long de cet opus. Et "Do not disturb" met un terme à cette fresque colorée…

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Afrikän Protoköl
  • Genre: Jazz/Classique
  • Label Prod: Abozamé / Fédération Wallonie Bruxelles / M.A.P.
  • Date: 2014-07-05
  • Rating: 4
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