Sur les quatorze titres de son troisième opus, Helmet ne concède qu'un fragment au hard-blues-folk zeppelinien ("Overrated"), une composition purulente ("Pariah") et une intro jazz inspirée par John Coltrane. Le reste macère dans un metal-hardcore-grunge impitoyable. Une solution angoissée, oppressive, aride dont l'implacable mécanique produit un groove laminant, capable de couper les riffs de guitares avec une précision diabolique et une violence hypnotique. Et au sein de ce magma dantesque, le vocal âpre, geignard, parfois vitreux, souvent au bord de l'asphyxie de Page Hamilton cherche une bouffée d’oxygène entre le timbre de Kurt Cobain et celui d'Henry Rollins. Dévastateur !