The Boom Band est un nouveau supergroupe. Qui a relevé le pari un peu fou de faire cohabiter cinq solistes. En l’occurrence Paddy Milner, une étoile du piano et de l'orgue et pas moins de quatre guitaristes. Soit l’ex-Hoax Jon Amor, aujourd’hui leader du groupe de rockin' blues, Amor ; Marcus Bonfanti, qui repris le rôle du regretté Alvin Lee, chez Ten Years After ; Mark Butcher patron au sein de son MB Band ; et Matt Taylor, le leader des Motives. Vu le cv des gratteurs, on pouvait s’attendre à se farcir du hard rockin' blues propice aux orgies de cordes. Et bien non, comme les musicos l’ont annoncé, cet opus fait la part belle au blues, southern rock et country. Le cinq gentlemen britannique se partagent les compositions, le chant et bien entendu les envolées en solo. Chacun apporte modestement sa pierre à l'édifice et c'est tant mieux. Le collectif a quand même intégré une section rythmique qui réunit Steve Rushton (Imelda May/Jeff Beck) aux drums et Scott Wiber (Saint Jude) à la basse.
L’opus s’ouvre par une bonne tranche de southern rock. Taylor a écrit et chante ce "We can work together", une solide compo qu’il a écrit et chante. Dense, le climat sonore est davantage yankee qu’insulaire. Les vocaux sont soignés. Un fameux challenge, quand on sait qu’il y a six chanteurs au sein du line up. Il n'y a pas un seul instant de répit au sein des compos. Les petites incursions de gratte fusent de partout. Marcus Bonfanti signe et chante "Diamond in the rust", une plage à l’intro légèrement psychédélique, mais dont la suite est sculptée dans de l’excellent blues. La voix de Marcus s’y révèle naturellement puissante. Sa gratte et celle de Taylor sont aventureuses. Une construction audacieuse qui implique également le piano de Milner. Un premier sommet pour cet opus! "Under the skin" est issu de la plume de Mark Butcher. Paddy Milner siège derrière l’orgue Hammond pour ce r&b vivifié par la voix expressive de Mark. Chaque sixcordiste possède un style différent, ce qui explique la richesse sonore affichée par le Boom Band. Wiber, le bassiste, signe "Sweet Alberta", une piste qui baigne dans une ambiance roots rock ; un morceau bien charpenté qui lorgne vers le country rock et se distingue par de nombreuses interventions vocales. Jon Amor a composé "Moonshine". Il se réserve également le micro tout au long de cette ballade indolente à la mélodie accrocheuse et enchanteresse. Marcus et Matt s’y consacrent à la slide. Miler et Wiber ont co-écrit "Waste my time", un funk chanté par Paddy. Jon Amor et Mark Butcher parviennent à s'extraire de l’ensemble en propageant des effets sonores à l’aide de leurs pédales. Instrumental, "Monty's time" met en exergue les différents solistes, sans pourtant tomber dans le nombrilisme. "Favour Bank shuffle" opère un retour dans l’americana. Les ivoires de Paddy Milner adoptent un profil néo-orléanais. Les grattes électriques, la slide de Bonfanti et les cordes acoustiques de Matt enrichissent l’ensemble. "When you come home" est une piste acoustique ; un superbe country blues au cours duquel la voix de Marcus affronte les chœurs, pendant que Taylor s’illustre à l’aide de sa slide resonator. Matt est au micro pour "Red eye of the devil", une finale qui permet à chaque musico de s’autoriser un envol. Mais cet excellent opus recèle encore quatre bonus tracks unplugged : "Nobody's fult but mine", un traditionnel qu’interprète Amor d’un ton autoritaire, le "Can't find my way home" de Stevie Winwood, que se réserve Butch en y injectant beaucoup d’émotion dans le timbre, "You can bring me flowers" et une cover de "We can work together".

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