Groupe légendaire, Canned Heat figure parmi les meilleurs groupes de boogie sur cette planète. Et ce crédit ne date pas d’hier ! D’ailleurs le combo célèbre, en 2015, ses cinquante années d'existence. La formation a été fondée à Los Angeles, par deux collectionneurs invétérés de vieux blues, Bob Hite et Alan Wilson. A l’époque, Stu Brotman se chargeait de la basse. Les gratteurs et batteurs vont défiler au sein du line up ; mais finalement ce sont Henri Vestine et Frank Cook qui vont s’y coller. Dès 1966, le quintet enregistre un elpee, sous la houlette de Johnny Otis. Il ne sortira qu'en 1970, sous le titre de "Vintage Heat". En mars 1967, Larry Taylor remplace Brotman à la basse. 1967. Le 17 juin, la formation se produit dans le cadre du premier grand festival, le Monterey Pop. En juillet 1967, elle grave officiellement son premier opus. Il est éponyme. Le 1er décembre 1967, Adolfo Fito de la Parra remplace Cook, derrière les fûts. L’année suivante, Canned Heat publie "Boogie with Canned Heat", sur lequel figure le hit "On the road again". Le succès est au rendez-vous ! Si De la Parra est toujours au poste, devenant au fil du temps le moteur et le leader du boogie band, il faut reconnaître que le destin s’est acharné sur les autres musicos. Ainsi, de grandes figures comme Alan Wilson, Bob Hite et Henri Vestine se sont éteintes. Et pourtant, ceux qui les ont remplacés ou qui se sont succédés, tout au long de l’histoire du Canned Heat se sont, la plupart du temps, révélés talentueux.
Cette année, le label Ruf a donc décidé de publier un nouveau chapitre des "Songs from the Road", dans le cadre de leur ‘50 Years Anniversary Tour’. Soit un coffret réunissant un cd et un dvd. Fito de la Parra est bien entendu au poste, mais également son prédécesseur, le remarquable bassiste Larry Taylor. John Paulus est préposé à la gratte, Dale Spalding au chant et à l'harmonica.
Le cd est découpé en 14 plages, le dvd en recèle deux de plus : "I'm her man" et "Have a good time". Le concert s’ouvre par le classique "On the road again". Spalding souffle dans l’harmo et Fito se charge du micro ; et toute évidence, c’est lui qui possède la voix la plus frêle et la plus proche d'Alan Wilson. Mais il ne convainc pas sur cette plage. Tout comme sur l’incontournable "Going up the country". A contrario, Spalding chante impeccablement le "Time was" de Wilson, dans une autre version. John Paulus pète la forme sur sa six cordes. "I'm her man" est également extrait du long playing paru en 1969, "Hallelujah". CH passe au jump style. Larry se réserve les vocaux tout au long de "Don't know where she went". Mais aussi la gratte ; comme sur l'instrumental "Nighthawk", alors que John Paulus excelle à la basse. "So sad" est une piste issue de "Future Blues". La guitare y tire son épingle du jeu. Et Spalding la sienne, à l’harmo, sur les savoureux instrumentaux "Oaxaca" et "Cristo Redentor", un vieux traditionnel que Charlie Musselwhite avait popularisé. D’ailleurs, il adopte un style proche du vieux Charlie. Larry Taylor chante encore "Amphetamine Annie", un titre qui figurait sur "Boogie with Canned Heat", alors que John Paulus a pris le rôle de Vestine. Taylor se consacre au bottleneck sur l’exquise cover du célèbre 'Rollin'and tumblin'" et le tube "Let's work together". Et tout bon concert de Canned Heat s’achève par un long boogie. Pour la circonstance, "Euro Boogie", un morceau de plus d'un quart d'heure. En route pour le 60ème !

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