Fondé en 2004, Left Lane Cruiser nous vient de Fort Wayne, dans l'Indiana. Influencé par le son du pays des collines au Nord du Mississippi, il pratique un blues primaire largement amplifié. A l’origine, le combo se résumait à un duo, soit le guitariste Fredrick Joe Evans IV et le percussionniste Brenn Back. Le tandem se partageant les vocaux. En 2008, il signe chez Alive Records, et y publie l'album "Bring yo' ass on the table". Depuis, il a gravé quelques long playings, en général, bien reçus par la critique et les mélomanes. En 2013, la paire recrute Joe Bent, un bassiste/vocaliste ; et l’an dernier Brenn Beck a cédé ses baguettes à Pete Dio. Découpé en dix pistes, "Dirty Spliff Blues" constitue donc leur nouvel opus.
Le départ est explosif. Le trio se déchaîne dès "Tres borrachos". Les percussions de Pete stimulent bien l'ensemble. La voix est –et c’est la norme– éructée. Particulièrement amplifiée, la guitare déchire. La rythmique et la ligne de basse sont écrasantes, mais épaulent parfaitement le dobro bien électrifié, alors que des sonorités d’orgue monocordes filtrent en arrière-plan. Soudée et cohérente, la machine de guerre est lancée, et rien ne pourra l’arrêter. La voix de Freddy st implacable sur "Whitebread n' beans". Des sonorités de cordes malsaines introduisent "Tangled up in bush". Le leader est armé d'un bottleneck pour faire subir les pires outrages à sa slide. Et elle gémit de douleur. "Heavy Honey" baigne au sein d’un climat accablant. Sorte de cri primal, rageur et sauvage, le titre maître se réfère au joint de marijuana mélangé au tabac, le ‘dirty spliff’. Les trois musicos reprennent en chœur : ‘We can't see through the brown’. La référence au cannabis est partout. Elle illustre la pochette. Et est même rappelée par une image collée sur le cd. Pete Dio se multiplie aux percus pour entamer "Cutting trees". Manifestement, la délicatesse n'appartient pas au monde de ce combo issu de l'Indiana! Un riff rageur lamine "All damn day". Il ne connaîtra pas la paix! Deux grattes se conjuguent tout au long de "Skateboard blues". Faut dire qu’outre sa basse, Bent a apporté sa guitare ‘Skateboard’. Elle ne recèle que deux cordes plaquées sur une planche à roulettes. Mais elles sont amplifiées. C'est aussi et certainement la meilleure piste blues de l'opus. La plaquette incandescente s’achève par "She don't care". Destructeur, ce dernier rockin’ blues est dynamité par une invraisemblable partie de percus…

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