Mike Vernon est avant tout producteur. Il est aujourd’hui âgé de 70 balais. Au cours des 60’s, il était devenu un véritable moteur du blues anglais. Ainsi, dès 1966, il produit le fameux album "Bluesbreakers with Eric Clapton" de John Mayall avant d’embrayer par "A hard road", "Crusade" et "Blues for Laurel Canyon". Il a également mis en forme des long playings de grands noms du British Blues Boom : Fleetwood Mac, Chicken Shack, Savoy Brown et Ten Years After ; mais également les premiers de David Bowie. C'est aussi Mike Vernon qui a fondé le label mythique Blue Horizon, en 1965. Mike a gravé deux albums personnels : "Bring it back home" en 1971 pour Blue Horizon et "Moment of madness" en 1973. Plus de quarante années plus tard, il publie ce nouvel opus, soutenu par un groupe espagnol baptisé Los Garcia et impliquant deux gratteurs, un bassiste et un drummer. Au menu, quatorze reprises dont une majorité de classiques du blues, du R&B et du rock'n'roll. En fait, cette œuvre rend en quelque sorte hommage à une musique que l'artiste a toujours vénérée. Mike n'a pas une voix inoubliable, mais ses musicos ibériques sont loin d’être des manchots. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au sein du studio Antequera, en Andalousie.
Le "Kansas City" de Leiber & Stoller est une bonne entrée en matière. Quique Bonal se consacre aux cordes. Une atmosphère boogie jump baigne "All by myself". Interprété à la manière de Fats Domino, ce titre met en exergue Juan Ramon Veredas, très en verve, aux ivoires. Roscoe Gordon avait décroché un hit pour "Just a little bit", au cours des fifties. Excellente, la nouvelle version met en exergue Kid Carlos Moreno à la guitare et Javier Magallanes au saxophone. "Seventh son" est un blues issu de la plume du grand Willie Dixon. Quique Bonal y brille à la gratte. "Hot Little Mama" rend un autre hommage à Johnny Guitar Watson. Et c’est Gabi Robledo qui se distingue à son tour, aux cordes. Le blues lent n'a pas été négligé. A l’instar du "Black night" de Jessie Mae Robinson, souligné par le piano de Juan Ramon Veredas, le "When things go wrong with you" de Tampa Red, par le kazzo de Mr Vernon et le "Please send me someone to love" de Percy Mayfield, par les remarquables interventions de Kid Carlos Moreno à la six cordes. Parmi les plages qui déménagent le mieux, on épinglera encore "I'm shakin'" et "All around the world", deux hits décrochés par Little Willie John, et en finale, "Shake rattle and roll", caractérisé par la présence des frères Robledo aux grattes. Mike Vernon est un véritable passionné ; il partage sa vie entre Anetequera et Londres où il se produit en compagnie d’un band constitué de remarquables musiciens anglais, The Mighty Combo.

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