Chanteur de soul et de blues, Ellis Hooks est né en Alabama. Son père était d’origine africaine ; sa mère, une cherokee. Il est le 13ème d'une famille de seize enfants. Après avoir roulé sa bosse entre Paris, et Amsterdam, il finit par s’établir à New York, où il fait la connaissance du producteur, Jon Tiven. Ce dernier met en forme son premier opus, "Undeniable", en 2002. Il publie alors cinq elpees chez Evidence, dont "Another Saturday morning", en 2007. Hooks possède une voix qui ne manque pas de charme. Elle est même susceptible de rappeler celle de Little Milton, Sam Cooke ou encore Otis Redding. "Needle in a haystack" a de nouveau reçu le concours de Tiven, à la production. En outre, ce dernier se consacre également à la guitare, aux claviers et au saxophone ténor. Ont également participé aux sessions d’enregistrement, l’épouse de Tiven, Sally, à la basse, et Todd Snare, aux drums. Les compositions sont signées Ellis Hooks, Jon Tiven et Stephen Kalinich, poète responsable des lyrics.
Le titre maître ouvre l’LP. Une plage plus rock, percutante, au cours de laquelle on se rend compte que Jo possède une voix exceptionnelle ; et qu’il n’a guère besoin de la forcer pour s’imposer. Il double également gratte et piano électrique. Sa voix constitue le fil rouge du long playing. "Live the day" et "Now you know" en sont les meilleurs exemples. "Train to train" adopte le rythme du chemin de fer. Les arrangements sont impeccables. Tiven se consacre à l’orgue et à la six cordes ; et il se révèle particulièrement créatif. Dylan Le Blanc, Muss Gillum et Mr Hooks chantent en chœur. "To you who have wronged me" est sculpté dans le soul/rock. Notoire, Steve Cropper (NDR : il est issu de Memphis), se réserve la gratte. Subtils, les arrangements intègrent parfaitement saxophone et claviers. Remarquable ballade soul, "Los Angeles" nous entraîne au cœur de la mégapole californienne. Les arrangements de cuivres sont impeccables. Un harmonica traverse cependant l’ensemble. Tout au long des ballades "Time is a mofo" et "Follow the seasons", on ne peut s’empêcher de penser à Sam Cooke. Même si la voix de Hooks est plus incisive et manifeste davantage de relief. "I stand I scream" trempe dans le pur R&B. Et le chant autoritaire d’Ellis évoque Don Covay voire Otis Redding, dans leur période northern soul. Rockin' R&B, "Shortcuts to infinity" est découpé par le riff de gratte de Tiven. Et les arrangements sont toujours aussi remarquables, autorisant un billet de sortie pour Jon au saxophone. Des accents dramatiques contaminent les vocaux tout au long du blues "Put down the needles". Et ils lorgnent vers Paul Rodgers (Free) voire Bad Co. Les percussions sont lumineuses. Tiven réalise son meilleur envol sur ses cordes. "Another Planet" est un r&b dynamique. D’excellente facture, cet LP s’achève par "America, I'm coming home", une piste tracée par le clavier de Fran Kowalski.

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