Kevin Selfe est originaire de Virginie, aux States. A l’âge de 23 ans, il intègre le Fat Daddy Band qui décroche une place de finaliste à l'International Blues Challenge de Memphis. Nous sommes alors en 1997. Le band grave trois albums. En 2003, Kevin rejoint Little Rodger and The Cheap Thrills ; puis, en 2005, fonde son propre groupe, Kevin Selfe and The Tornadoes. L’équipe publie "Selfe Contained", en 2006. En 2007, Mr Selfe émigre au bord du Pacifique, du côté de Portland, dans l'Oregon. Il monte une version locale des Tornadoes, et publie "Playing the game", en 2009. Ce chanteur/compositeur/guitariste/harmoniciste signe sur le label Delta Groove en 2013. Et dans la foulée, il grave "Long walk home", un disque qui rencontre un franc succès chez les passionnés de blues. Faut dire que pour concocter cet opus, il a notamment reçu le concours d’invités de marque, dont le pianiste Gene Taylor, l'harmoniciste Mitch Kashmar et le claviériste Doug James. Un LP paru sur l’écurie dynamique, Vizztone. Tout au long de ce long playing, il se réserve le chant et la gratte. Lors des sessions il a, en outre, bénéficié de la participation du drummer notoire Jim Bott, et de son pote Allen Markel –un ex-Tornado– à la basse. En outre, de nombreux guests ont participé aux sessions, qui se sont déroulées au studio Roseleaf Recording, à Portland.
"Picking empty pocket" ouvre l’LP. Une plage rythmée soutenue par une section de cuivres. Brad Ulrich s’autorise un premier billet de sortie sur son saxophone baryton, suivi rapidement par un envol de Selfe, particulièrement saignant sur ses cordes. Jim Bott (drums), Willie J. Campbell (basse acoustique) et Mitch Kashmar (très inspiré à l'harmo) dominent le shuffle entraînant, "Fixed it til it's broke". Enrichie par la section de cuivres, "Buy my soul back" concède des accents soul proches du Memphis blues, un blues enlevé au cours duquel James Pace siège derrière l’orgue et Lisa Mann (NDR : issue de Portland, cette chanteuse n’est autre que l’épouse du bassiste, Alan Markel) participe aux chœurs. Parcimonieuse, l’approche de Kevin sur ses cordes lorgne vers Robert Cray. La voix devient autoritaire sur le bluesy "Digging my own grave". La sonorité de la slide est impeccable. R&B lent, "All partied out" est le théâtre d'une superbe envolée de Selfe. Excellent, "Keep pushing or die trying" est encore imprimé sur un tempo soutenu. Steve Kerin se consacre au piano, alors que transcendé, Kevin se déchaîne à la manière d'un Jimmie Vaughan au sommet de son art ! "Bluesman without the blues" est une autre tranche de Memphis Blues. Orgue et cuivres tirent leur épingle du jeu ; mais surtout la gratte lumineuse réminiscente d’Albert King. "I'm on fire" est sculpté dans la roots. Une piste ‘unplugged’ à laquelle participent Kevin à la slide, Mitch Kashmar à l’harmo et Don Shultz à la batterie. Les ivoires de Gene Taylor sont jazzyfiantes tout au long de "Don't tear me down". Sa guitare, hantée par Omar Dykes, nous entraîne dans les bayous louisianais. Impressionnant ! Davantage roots, "Virginia roots" permet à Kevin de nous rappeler ses racines. Après l’instrumental "Pig Pickin'", le long playing s’achève par "Staring up at the Bottom", un morceau souligné par les chœurs gospel et tapissé par l’orgue…

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